Antenne 2

Antenne 2
image illustrative de l’article Antenne 2

Création (Société de programme)
(Première émission)
(2e chaîne)
Disparition
PropriétaireÉtat français
Slogan« Antenne 2, allumez la passion »
Format d'image4/3 couleur
LangueFrançais
PaysDrapeau de la France France
StatutGénéraliste nationale publique
Siège social5-7 rue de Monttessuy, Paris 7e
22 avenue Montaigne, Paris 8e
Ancien nomDeuxième chaîne de la RTF (1964-1964)
Deuxième chaîne de l'ORTF (1964-1967)
Deuxième chaîne couleur de l'ORTF (1967-1975)
Site webMinitel : 3615 A2
Diffusion
DiffusionAnalogique terrestre, câble et satellite
Chronologie

Antenne 2 est une société nationale de programme de télévision opérant une chaîne de télévision généraliste nationale française de service public du même nom qui succède le à la deuxième chaîne couleur de l'ORTF et est diffusée jusqu'au 7 septembre 1992 où elle devient France 2[1].

Histoire de la chaîne

Genèse

En 1974, le nouveau président de la République Valéry Giscard d'Estaing demande à son Premier ministre de présenter une communication sur l’Office de radiodiffusion télévision française au Conseil des ministres du 3 juillet. Jacques Chirac assure alors que « la nouvelle organisation doit reposer sur la compétition entre les unités autonomes, entièrement responsables. Elle doit assurer une information libre et ouverte, doit exclure tout gaspillage en s'appuyant sur des structures allégées. Les rapports de l'État et des nouvelles unités autonomes devraient se limiter à la désignation de ses dirigeants ». La loi no 74-696 du [2] supprime l’ORTF et crée sept organismes autonomes, dont trois sociétés nationales de programme de télévision, une société nationale de radiodiffusion sonore, deux établissements publics à caractère industriel et commercial chargés de la production et de la diffusion et un institut national de l'audiovisuel. Le monopole d'État est maintenu et chacune des sociétés est placée sous la tutelle du Premier ministre. L'écrivain et producteur Marcel Jullian est nommé en conseil des ministres président de la future société nationale de programme de télévision devant succéder à la deuxième chaîne de l'ORTF dont il s'adjoint deux grandes figures comme conseillers, Jacques Chancel et Armand Jammot. À l'automne 1974, Marcel Jullian et Jacques Chancel échafaudent les programmes, sélectionnent les animateurs et producteurs (Claude Barma, Jean-Christophe Averty, Armand Jammot, Pierre Tchernia, Bernard Pivot, Roger Couderc et Robert Chapatte) et tentent de choisir le nom de leur future chaîne de télévision parmi quatre propositions retenues par Marcel Jullian : Satellite 2, France 2, 2 le monde et Antenne 2. Ils la nomment finalement Antenne 2 et son président charge Jacques Chancel de lui donner une identité. Ce dernier sollicite alors ses amis artistes et obtient que le peintre Georges Mathieu dessine le logo de la chaîne et que Jean-Michel Folon en créé l'indicatif d'ouverture[3]. La nouvelle société de programme est en ordre de marche dès la mi-décembre 1974, ce qui permet à Marcel Jullian de présenter son équipe, les orientations et le style des programmes de la future Antenne 2 lors d'une conférence de presse le [4].

1975 - 1987 : la popularité et l'innovation

La loi no 74-696 du entre en application le avec la naissance officielle des trois sociétés nationales de programme de télévision Télévision française 1 (TF1), Antenne 2 (A2) et France Régions 3 (FR3), de la société nationale de radiodiffusion sonore Radio France, de la Société française de production (SFP), de Télédiffusion de France (TDF) et de l’Institut national de l'audiovisuel (INA). Le lundi à 14 h 30, Antenne 2 commence ses programmes par la diffusion d'un flash d'information, suivi d'un numéro spécial d' Aujourd'hui Madame consacré à Antenne 2 par ceux qui la font, puis à 20 h 35, de la soirée d'inauguration de la chaîne, animée depuis un studio des Buttes-Chaumont par Marcel Jullian[5] et Jacques Chancel, avec le concours de tous les animateurs, réalisateurs et producteurs d'Antenne 2, qui viennent présenter pendant cinq heures leurs nouvelles émissions[6]. Antenne 2 laisse une grande liberté de création à ses producteurs, misant davantage sur la qualité des programmes et la révélation des talents que sur la course à l'audience qui reste d'ailleurs plus confidentielle que sur TF1, ce qui lui permet de tenter des expériences et programmes nouveaux, tels Apostrophes, ou d’user d’un ton moins conventionnel dans ses journaux télévisés. La rédaction d'Antenne 2, qui succède à celle d'INF2, est dirigée par Jacques Sallebert qui confie la présentation du journal à Jean-Marie Cavada et Guy Thomas en semaine, et à Jean Lanzi le week-end. La concurrence avec le journal de TF1 est rude et les formules se succèdent jusqu'à l'arrivée de Patrick Poivre d'Arvor à la présentation du journal le qui donne à celui-ci un ton nouveau de plus en plus apprécié des téléspectateurs.

Attaché à la liberté de création, Marcel Jullian limite l'interventionnisme du pouvoir sur son antenne, ce qui lui vaut d'être finalement remercié en décembre 1977 et remplacé par Maurice Ulrich le . Celui-ci entend poursuivre et développer les principales qualités de la chaîne que sont la volonté de création et un grand souci de qualité au travers des dramatiques, des programmes d'information, des documentaires et des émissions culturelles et scientifiques[7]. La chaîne se singularise par l'arrivée de jeunes journalistes qui feront son succès pendant plus de vingt ans, notamment Hervé Claude, Noël Mamère et Claude Sérillon qui débutent tous à Antenne 2 Midi en 1979.

Le , le débat opposant Valéry Giscard d’Estaing à François Mitterrand pour le deuxième tour de l’élection présidentielle, arbitré par Jean Boissonnat et Michèle Cotta, est diffusé simultanément sur TF1, Antenne 2 et FR3.

Bien qu'ayant longtemps dénoncé la main mise du pouvoir sur la télévision, la gauche, qui accède au pouvoir le , use à son tour de cette habitude d'interventionnisme pour nommer en conseil des ministres de nouveaux présidents à la tête des sociétés nationales de programme de télévision plus acquis à ses idées et qui sont eux-mêmes chargés de nettoyer leur chaîne des émissions, journalistes et animateurs suspectés d'accointances avec l'ancienne majorité. Ainsi, le directeur de l'information Jean-Pierre Elkabbach, réputé soutenir l'ancien président de la République, est limogé en juin et Pierre Desgraupes, journaliste plutôt marqué à gauche et évincé de la direction d'Information Première en juillet 1972, est nommé président d'Antenne 2 le . Il entend faire de la télévision l'éclaireur et le guide de la mutation que la société française vit, selon lui, depuis la 10 mai 1981 en développant la fête et l'inattendu dans les programmes et en faisant appel à de nouveaux talents[8]. La nouvelle direction met l'accent sur la culture en développant des émissions de création théâtrales, en mettant à l'antenne des émissions musicales contemporaines pour la jeunesse et en éduquant le public à la musique de concert.

La loi no 82-652 du sur la communication audiovisuelle supprime le monopole d'État et recréé par le décret no 82-790 du [9] la société nationale de télévision en couleur Antenne 2, maintenant placée sous la tutelle de la Haute Autorité de la communication audiovisuelle, qui établit le cahier des charges, veille aux règles de concurrence et nomme le président de la chaîne. Pierre Desgraupes est confirmé dans son poste. En 1983, grâce au ton nouveau de ses journaux télévisés présentés par Christine Ockrent et d’émissions de divertissement de qualité comme Champs-Élysées, La Chasse aux trésors ou Récré A2, l’audience d’Antenne 2 finit par dépasser celle de TF1. Cette tendance perdure jusqu’à la privatisation de TF1 en 1987, mais Antenne 2 ne voit pas venir la remontée en puissance de la première chaîne, initiée depuis 1985 par son nouveau PDG Hervé Bourges.

1987 - 1992 : le déclin et la refonte

La rentrée de septembre 1987 est marquée par les grilles offensives et extrêmement commerciales des deux nouvelles grandes chaînes de télévision privées : TF1, qui vient d'être privatisée, et La Cinq. La CNCL nomme Claude Contamine à la tête d'Antenne 2 et lui confie la mission de maintenir une grille de programme à la fois populaire et de qualité pour présenter les meilleures émissions au plus grand nombre[10]. Mais la concurrence est rude et Antenne 2 innove peu. La chaîne commence alors un inexorable déclin qui la mène de 40 % d’audience en 1986 à 21 % en 1991, quand TF1 plafonne entre 40 % et 45 % et La Cinq autour de 10 % à 13 %.

Le , le débat entre les deux candidats au deuxième tour de l’élection présidentielle, Jacques Chirac et François Mitterrand, est retransmis en simultané sur Antenne 2 et TF1.

Dans un souci de renforcement de l’audiovisuel public face à la concurrence privée, le Conseil supérieur de l'audiovisuel réunit par la loi des 2 et 10 août 1989, Antenne 2 et FR3 sous une présidence commune en la personne de Philippe Guilhaume[11]. Des synergies entre les deux chaînes apparaissent, comme des bandes-annonces groupées[12] et l'harmonisation des programmes du vendredi soir. Contraint à la démission le 19 décembre 1990 par le ministre de la Culture Catherine Tasca, Philippe Guilhaume est remplacé par Hervé Bourges[13]. Antenne 2 diffuse ses programmes 24h/24 à partir du .

Afin d'essayer de reconstruire un groupe public fort face aux télévisions commerciales et pour lui donner une cohésion, les chaînes de service public prennent le nom de France Télévision le 7 septembre 1992 : Antenne 2 devient France 2 à h 30, juste avant Télématin[14].

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