Amedeo Modigliani

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Amedeo Clemente Modigliani /ame'deo kle'mente mɔdi'ʎani/, né le à Livourne (Italie) et mort le à Paris (France), est un peintre figuratif et sculpteur italien de l'École de Paris.

Se considérant initialement comme sculpteur, ce n'est qu'à partir de 1914 qu'il se consacre exclusivement au dessin et à la peinture de portraits et de nus. Ses œuvres, aux formes étirées et aux visages sans regard ressemblant à des masques, demeurent emblématiques de l'art moderne de cette époque. Il meurt prématurément, malade et alcoolique ; le surlendemain, sa compagne, Jeanne Hébuterne, enceinte de neuf mois, se suicide.

Biographie

Jeunesse italienne (1884-1905)

Maison d'Amedeo Modigliani à Venise.

Né au sein d'une famille toscane d'origine juive séfarade[1],[2], Amedeo est le quatrième enfant d'un homme d'affaires, Flaminio Modigliani et d'Eugénie Garsin qu'il a épousée en 1872. Son enfance est marquée par la faillite familiale et la maladie[3]. À 14 ans, il subit une attaque de typhoïde et deux ans plus tard une pleurésie . En 1898, son frère de 26 ans, Emmanuel, est condamné à six mois de prison pour anarchisme[4]. En 1900, une nouvelle crise de pleurésie se complique en tuberculose. L'année suivante, après une nouvelle attaque de tuberculose, sa mère l'emmène en convalescence et visiter Capri, Naples, Rome et Florence[5].

En 1902, il s'inscrit à l'école libre du nu, la Scuola Libera di Nudo de l'Accademia di Belle Arti à Florence dirigée par le professeur Giovanni Fattori, le peintre chef de file des Macchiaioli, et, l'année suivante, à l'Institut des arts de Venise où il fréquente les bas-fonds[6].

L'École de Paris (1906-1908)

En 1906, il déménage à Paris, alors le centre de l'avant-garde, au Bateau-Lavoir, un phalanstère pour artistes de Montmartre. D'abord influencé par Toulouse-Lautrec, il s'inspire de Paul Cézanne, du cubisme et de la période bleue de Picasso. Il est remarqué pour sa vitesse d'exécution. Il ne retouche jamais ses tableaux mais ceux qui ont posé pour lui ont dit que c'était comme avoir son âme mise à nu[réf. nécessaire].

Sculpteur (1909-1913)

Tête, 1919.
Tête, 1912, exposée au Met.

En 1909, Paul Alexandre, ami et premier mécène de Modigliani, lui présente le sculpteur roumain Constantin Brâncuşi. Sur les conseils de ce dernier, il installe, en avril 1909, son atelier à la Cité Falguière de Montparnasse et se consacre à la sculpture sur pierre, qui pour quelque temps passe au premier plan de sa création. Malade et fatigué par son mode de vie, il fait un court séjour à Livourne cette même année 1909, qui servira en 1984 à étayer le « canular de Livourne ».

À Livourne et à Carrare, influencé par le style épuré de Brancusi, Modigliani s'investit à corps perdu dans la sculpture[7].

Il revient à Paris et loue un atelier à Montparnasse. En 1910, il fait la rencontre de la poétesse russe, Anna Akhmatova et vit une liaison avec elle, le temps du séjour de celle-ci à Paris. Elle lui inspira plusieurs dessins et au moins une peinture proches de la sculpture (Cariatides).

En 1911, Amedeo Modigliani expose plusieurs têtes de pierre dans l'atelier de l'artiste portugais Amadeo de Souza-Cardoso. Commence alors une période où le motif de cariatides envahit ses œuvres, tant en sculpture qu'en peinture. L'année suivante, des sculptures de Modigliani sont exposées au Salon d'automne. Amedeo Modigliani fait la connaissance des sculpteurs Jacob Epstein et Jacques Lipchitz, qui décrit l'art de Modigliani comme « l'expression de ses sentiments personnels[8] ».

Il découvre l'art nègre et cambodgien au musée de l'Homme. Ses statues sont reconnaissables à leurs yeux en amande, la bouche petite, les nez fins et longs et les cous allongés.

Au printemps 1913, Amedeo Modigliani est à Livourne où il s'installe à côté d'une carrière. Là, il taille le marbre, alors qu'auparavant il ne travaillait que le calcaire.

Portraitiste (1914-1919)

Dans le jardin de La Ruche en 1914.

Sa mauvaise santé le force à abandonner la sculpture ; les poussières et l'épuisement l'obligent à se consacrer seulement à la peinture (c'est tout au moins l'hypothèse la plus souvent émise, son insuffisance respiratoire étant peu compatible avec l'inhalation de poussière de pierre[9]). Peut-être aussi ne voit-il pas d'avenir à son travail de sculpteur. Sur le plan artistique, il ne progresse pas et les quelques expositions qu'il fait n'attirent guère l'attention et ne lui rapportent guère financièrement. Toutes ces raisons, mais aussi les conseils de Paul Guillaume, ont pu le faire revenir à la peinture, plus facilement vendable[10],[11].

De retour à Paris, il s'installe à La Ruche et fait le portrait des habitués de Montparnasse, comme Soutine qui a un « gosier en pente », Diego Rivera, Juan Gris, Léopold Survage, Max Jacob, Blaise Cendrars, Foujita, Jean Cocteau et Raymond Radiguet.

A la déclaration de la Première Guerre mondiale, il demande à s'engager dans l'armée française mais sa santé précaire le lui interdit[9]. Dans la « bande à Picasso », il boit toujours plus en compagnie de Chaïm Soutine et du fils de Suzanne Valadon, Maurice Utrillo.

Amedeo Modigliani dans son atelier devant le Portrait de Beatrice Hastings.
Amedeo Modigliani photographié en 1915 ou 1916 dans son atelier parisien par Paul Guillaume.

« Modi », ainsi nommé par ses amis, plaît aux femmes, il a beaucoup d'aventures jusqu'à ce qu'en juin 1914, Beatrice Hastings entre dans sa vie. Elle reste avec lui pendant presque deux ans et pose pour plusieurs portraits tels Madame Pompadour. Mais leurs relations orageuses deviennent bientôt encore plus célèbres que le comportement de Modigliani ivre. Sous l'effet de l'alcool, il est maussade et violent, comme le montre le dessin de Marie Vassilieff. À jeun, il est timide et charmant, il cite Dante Alighieri et récite Les Chants de Maldoror du comte de Lautréamont dont il garde un recueil en permanence auprès de lui.

En 1916, il se lie avec le poète et marchand d'art polonais Léopold Zborowski et sa femme Hanka. Modigliani les peint plusieurs fois ne faisant payer que dix francs par portrait.

L'été suivant, la sculptrice russe Chana Orloff lui présente Jeanne Hébuterne, une belle étudiante de 18 ans inscrite à l'Académie Colarossi, qui pose pour Foujita. Cette liaison déplaira à la famille bourgeoise de Jeanne.

Chargé des affaires du peintre, Léopold Zborowski propose à la marchande de tableaux d'avant-garde Berthe Weill d'organiser une exposition dans sa galerie du 50 rue Taitbout (Paris 9e). Le , le vernissage est interrompu brutalement par l'irruption du commissaire de police dans sa boutique. Parmi les 32 œuvres exposées, certains tableaux doivent être décrochés pour outrage à la pudeur[12]. La galeriste, connue pour sa détermination, demande les raisons de cette censure ; le commissaire répond : « Ces nus, ils ont des poils ! ». L'exposition continue jusqu'à son terme prévu le même si, malgré sa résistance, Berthe Weill doit se résoudre à ne plus présenter les nus avec des poils pubiens. À cause de ce scandale, aucun tableau n'est vendu[13].

Le 2 mai 1919 à Nice.

Zborowski envoie Amedeo se refaire une santé dans le Midi de la France, notamment à Nice, avec Jeanne Hébuterne, accompagnée de sa mère. Jeanne accouche le d'une fille prénommée Jeanne. Modigliani peint de plus grands formats, éclaircit ses couleurs ; c'est là qu'il peint les quatre seuls paysages que l'on connaisse de lui[14],[15].

En mai 1919, il retourne à Paris pour s'installer rue de la Grande-Chaumière. Dès novembre 1919, son état de santé se détériore rapidement. Il fait son autoportrait[16].

Sans nouvelles depuis plusieurs jours, Manuel Ortiz de Zárate le trouve délirant dans son lit tenant la main de Jeanne enceinte de près de neuf mois de leur deuxième enfant. Le médecin appelé à son chevet ne peut que constater son état désespéré. Modigliani meurt d'une méningite tuberculeuse le à l'Hôpital de la Charité[17].

Les funérailles sont suivies par tous ses amis artistes de Montmartre et Montparnasse. Jeanne Hébuterne, qui a été conduite chez ses parents, se donne la mort en se jetant par une fenêtre du cinquième étage, le surlendemain du décès de Modigliani[9].

L'année même de sa mort, deux importantes expositions à Paris célébreront son œuvre.

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