Albert Jacquard

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Albert Jacquard
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Albert Jacquard, en 2009.
Naissance
Lyon ( France)
Décès (à 87 ans)
Paris ( France)
Nationalité Drapeau de France  Français
Domaines Génétique, biologie, philosophie
Diplôme École polytechnique, ISUP
Renommé pour son humanisme, ses conférences, essais et ouvrages de vulgarisation scientifique

Albert Marie Joseph Jacquard, né le à Lyon (Lyon (1er arrondissement) et mort le à Paris (Paris (6e arrondissement) [1], est un chercheur et essayiste français. Spécialiste de génétique des populations, il a été directeur de recherches à l' Institut national d'études démographiques et membre du Comité consultatif national d'éthique. Conférencier et auteur de nombreux ouvrages de vulgarisation scientifique, il tient un discours humaniste destiné à favoriser l’évolution de la conscience collective [2].

Président d'honneur [3] de l’association Droit au logement et du Comité radicalement anticorrida, il est aussi membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la décennie de la culture de paix et de non-violence. Il anime durant neuf ans, de à , une chronique radiophonique quotidienne sur France Culture.

Il est également connu pour ses engagements civiques, parmi lesquels la défense du concept de la décroissance soutenable, le soutien aux mouvements du logiciel libre, à la langue internationale espéranto, aux laissés-pour-compte et à l' environnement.

Biographie

Jeunes années

Il est issu d’une famille catholique et conservatrice originaire du Jura, fils de François Jacquard, directeur à la Banque de France et de Marie-Louise Fourgeot. À l'âge de neuf ans, un drame bouleverse son enfance : la voiture familiale subit un accident dans lequel Albert Jacquard perd son plus jeune frère et ses grands-parents paternels. Lui-même en ressort défiguré, ce qui transforme longtemps sa perception du regard des autres (« j'ai cru qu'ils me méprisaient [4] »).

En 1941, son père est nommé directeur de la succursale de la Banque de France à Gray en zone occupée. Il quitte alors le lycée de Soissons en cours d'année pour le lycée Augustin Cournot de Gray.

Albert Jacquard obtient à Besançon deux baccalauréats, « Mathématiques élémentaires » et « Philosophie », en 1943 [5], [6].

De 1943 à 1945, Albert Jacquard est en classe préparatoire aux grandes écoles au lycée privé Sainte-Geneviève situé à Versailles. La scolarité y est perturbée par les actions de la police allemande. Élève très brillant, il entre en 1945 à l' École polytechnique [7], [8], en sort ingénieur des manufactures de l'État [7] en 1948 et intègre l' Institut de statistiques dont il est également diplômé, et devient ingénieur d’organisation et méthodes.

« J’ai vécu la Libération comme un événement extérieur. J’ai été un passager de l’histoire. Je n’ai pas été du tout le conducteur. J’ai été très long à m’apercevoir qu’il fallait que je choisisse mon camp. J’étais dans le camp des salauds : ceux qui laissent faire et finalement attendent que toutes les choses s’arrangent [9]. »

« Par le passé, j’étais guidé par la soumission et le conformisme. J’avais une vingtaine d’années pendant la Seconde Guerre mondiale. C’était comme si elle se déroulait au loin. Je n’ai pas pensé un instant à entrer dans la Résistance. J’étais trop occupé à préparer Polytechnique. En 1961, je vivais tout près de l’endroit où des Algériens ont été jetés dans la Seine. Lorsque je l’ai appris le lendemain, j’ai eu honte. J’aurais pu prendre position, mais je n’ai pas bougé. Je suis resté du côté des salauds, ceux qui laissent faire, pendant deux décennies encore [10]. »

Le , il épouse Alix Domergue.

Haute fonction publique

Albert Jacquard entre à la SEITA en tant qu’ingénieur d’organisation et méthodes, puis en est nommé secrétaire général adjoint de 1951 à 1961 ; il est ensuite rapporteur auprès de la commission de vérification des comptes des entreprises publiques : il contrôle la gestion des Houillères du Nord puis de Sud-Aviation de 1959 à 1970. Directeur adjoint au service de l’équipement du ministère de la Santé publique de 1962 à 1964, il est chargé de recherches à l’ Institut national d'études démographiques (INED) de 1965 à 1966.

Titulaire d’un certificat de génétique en 1966, il s’oriente vers une carrière scientifique et part aux États-Unis pour étudier la génétique des populations à l’ université Stanford, en tant que research worker en 1966 et 1967. De retour en France en 1968 avec un diplôme d’études approfondies de génétique en poche, il réintègre l’ Institut national d'études démographiques en tant que directeur de recherches de 1968 à 1991. Titulaire d'un doctorat d’université de génétique en 1970 et d’un doctorat d’État en biologie humaine en 1972, il est nommé expert en génétique auprès de l’ Organisation mondiale de la santé (OMS) de 1973 à 1985.

Carrière universitaire et reconnaissance

À l'âge de 47 ans, il obtient un doctorat d’État en biologie humaine après un doctorat d’université de génétique obtenu à l'âge de 45 ans. Albert Jacquard s’oriente alors vers la recherche universitaire : il devient professeur invité à l’ université de Genève de 1973 à 1976, puis professeur associé de 1976 à 1992. L’ université de Paris université de Paris VI le titularise de 1978 à 1990, et l’ université de Louvain-la-Neuve en Belgique l’invite de 1979 à 1981.

Le travail d’Albert Jacquard lui vaut une reconnaissance nationale : il est nommé officier de la Légion d'honneur et commandeur de l’ ordre national du Mérite par le président Giscard d'Estaing en 1980 et reçoit le prix scientifique de la Fondation de France la même année, avant d’être nommé membre du Comité consultatif national d'éthique pour les sciences de la vie et de la santé de 1983 à 1988.

Après de nombreuses publications de vulgarisation scientifique et de réflexion sur la condition humaine, Albert Jacquard est nommé honoris causa de l’ université du Québec en 1987 et des universités du Nouveau-Brunswick [Lesquelles ?], de Hainaut, et de Louvain-la-Neuve [[réf. souhaitée]. Conseiller scientifique à l’INED de 1990 à 1991, et encore professeur de l’Academia di Architettura du Tessin, sa belle plume et son talent lui valent le prix littéraire de la ville de Genève en 1992.

Le , le collège du Chemin Vert de Caen devient le collège Albert Jacquard ; le collège Albert Jacquard est implanté au cœur du quartier du Chemin Vert, au nord-ouest de la ville de Caen en ZEP. Néanmoins, le Conseil général du Calvados décide de fermer l'établissement du Chemin-Vert en 2013 [11].

Engagement politique

En 1979, face à l’émergence d’un racisme prétendument scientifique [[réf. souhaitée], Albert Jacquard, Colette Guillaumin et Léon Poliakov créent, au sein du Groupe de recherches sur l'histoire du racisme (CNRS), un bulletin qu’ils intitulent Sciences et tensions sociales. À ce bulletin succède, deux ans plus tard, la revue Le Genre Humain [12]. Albert Jacquard fait partie jusqu'à sa mort du comité de rédaction de cette revue.

Albert Jacquard participe au Comité consultatif national d'éthique. Généticien des populations, il se prononce contre l'exploitation à des fins commerciales du génome humain et le brevetage généralisé du vivant.

Il est proche du mouvement altermondialiste et il est un contributeur régulier du journal Le Monde diplomatique.

Grand humaniste, Albert Jacquard s'engage pour la défense des plus démunis. Il milite notamment aux côtés de l' association Droit au logement et de l' Abbé Pierre. Il apporte son soutien aux étrangers en situation irrégulière en grève de la faim à Lille durant l'été 2007. Il exprime ses vues sur la société et les sujets d'actualité dans une chronique radiophonique quotidienne sur France Culture.

En 1990, il signe l'Appel des 75 contre la guerre du Golfe.

En 1994, il est l'un des fondateurs de l'association Droits devant !!.

En 2004, il parraine avec Edgar Morin la liste Europe - Démocratie - Espéranto pour les élections du Parlement européen [13].

En , il lance l'«  Appel des vieux » avec sept autres « vieux » : Françoise Héritier, l'Abbé Pierre, Maurice Tubiana, Jean Delumeau, Edgar Morin, Albert Memmi et Denis Clair [14].

De à fin 2006, il est parrain du projet « Cité des Savoirs du XXIe siècle » pour l' île Seguin avec Régis Debray, Axel Kahn et Philippe Meirieu.

Lors de l’ élection présidentielle française de 2007, il apporte son soutien au projet de Christian Garino, candidat pour Esperanto - Liberté, qui finalement ne figure pas parmi les candidats officiels.

Lors des élections législatives françaises de 2007, Albert Jacquard copréside avec Axel Kahn le comité de soutien d' André Aschieri dans la 9e circonscription des Alpes-Maritimes.

Il soutient aussi une pétition créée par des victimes et proches de victimes de l’inceste et de la pédophilie. Cette pétition a pour but d'enlever la prescription de crimes sexuels commis sur les enfants, afin que les enfants victimes aujourd'hui puissent porter plainte sans restriction de temps. Il s'oppose également à la tenue du rallye Paris-Dakar en apportant son soutien à l'association Padak.

Il est membre du comité de parrainage du tribunal Russell sur la Palestine dont les travaux ont commencé le .

Il apporte son soutien à Philippe Meirieu, tête de liste pour les élections régionales françaises de 2010 en Rhône-Alpes sur la liste Europe Écologie.

Il est membre du comité d'honneur de l' Association pour le droit de mourir dans la dignité.

Dans le cadre de l' élection présidentielle française de 2012, il exprime son intention de voter pour Jean-Luc Mélenchon [15], [16], [17]. Il signe l'appel des 1 000 : « Pour nous, c'est Mélenchon [18]. »

Dans le cadre des élections législatives françaises de 2012, il se prononce en faveur de l' Alliance écologiste indépendante [19] et il apparaît dans leur clip de campagne [20], [21] et fut un soutien actif. [22]

Il se disait proche de Jean-Marc Governatori, président de l' Alliance écologiste Independante [23], à qui il préfaça trois livres [24], [25], [26].

Autres engagements

Mouvement du logiciel libre

Il rejoint Richard Stallman pour dénoncer en l' escroquerie sémantique du concept de propriété intellectuelle [27], puis en , pour soutenir la préservation des biens communs cognitifs [28]. Il renforce à cette occasion la démarche politique et sociale du mouvement du logiciel libre, lequel, par son leader, place les fondements philosophiques au cœur de l’action du mouvement.

Mouvement espérantiste

Albert Jacquard présente Europe Démocratie Esperanto en 2009.

En 2006, paraît la 10e édition du manuel d' espéranto Cours Rationnel d'Espéranto, édité par SAT-Amikaro, dont Albert Jacquard écrit la postface. La première édition de cette méthode d'apprentissage avait paru en 1921, alors préfacée par Henri Barbusse.

En 2011, Jacquard accepte de parrainer la campagne nationale « L'espéranto au bac ! », coorganisée par les associations Espéranto-France et SAT-Amikaro et qui demande « que l'espéranto soit ajouté à la liste des langues admises en tant qu'option au baccalauréat » en ces termes :

« Je reçois comme un honneur la proposition que me font les deux associations Espéranto-France et SAT-Amikaro de parrainer cette pétition en faveur de l’espéranto. Je souhaite que l’enseignement de l’espéranto soit officialisé par les autorités de nombreux pays. Un jour viendra où tout être humain saura utiliser l’espéranto comme un instrument de mise en commun. Développer l’usage de l’espéranto est un moyen de préserver l’avenir du français [29]. »

Mouvement sortir du nucléaire

Albert Jacquard est favorable à l'abandon du nucléaire civil et militaire [30]. En 2012, il préface et parraine avec Stéphane Hessel l'ouvrage Exigez ! Un désarmement nucléaire total, rédigé par l' Observatoire des armements.

En 2001, il affirme : « Le nucléaire, c’est un cadeau plus qu’empoisonné. Avec des déchets qu’on veut enfouir dans le sous-sol comme on glisse la poussière sous le tapis, mais pour un million d’années ! Qu’il s’agisse du nucléaire civil ou du nucléaire militaire, les conséquences sont les mêmes : on est en train d’organiser le suicide à long terme de l’humanité [31] ».

Maladie et mort

Albert Jacquard meurt le soir du des suites d'une leucémie. Ses obsèques sont alors célébrées le 19 septembre suivant en l' église Saint-Sulpice, par Mgr Jacques Gaillot [32].

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