Ahmed Ouyahia

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Ahmed Ouyahia
Illustration.
Ahmed Ouyahia en 2011.
Fonctions
Premier ministre algérien
En fonction depuis le
(9 mois et 4 jours)
PrésidentAbdelaziz Bouteflika
GouvernementOuyahia X
PrédécesseurAbdelmadjid Tebboune
Ministre d'État
Chef de cabinet du président de la République

(3 ans, 3 mois et 10 jours)
PrésidentAbdelaziz Bouteflika
Premier ministreAbdelmalek Sellal
Abdelmadjid Tebboune
GouvernementSellal III et IV
Tebboune
SuccesseurMokhtar Reguieg (indirectement)
Secrétaire général du Rassemblement national démocratique
En fonction depuis le [N 2]
(2 ans, 11 mois et 10 jours)
PrédécesseurAbdelkader Bensalah

(14 ans et 19 jours)
PrédécesseurLiamine Zéroual
SuccesseurAbdelkader Bensalah
Premier ministre algérien[N 1]

(4 ans, 2 mois et 11 jours)
PrésidentAbdelaziz Bouteflika
GouvernementAhmed Ouyahia VI, VII, VIII et IX
PrédécesseurAbdelaziz Belkhadem
SuccesseurAbdelmalek Sellal
Chef du gouvernement algérien

(3 ans et 18 jours)
PrésidentAbdelaziz Bouteflika
GouvernementAhmed Ouyahia III, IV et V
PrédécesseurAli Benflis
SuccesseurAbdelaziz Belkhadem

(2 ans, 11 mois et 14 jours)
PrésidentLiamine Zéroual
GouvernementAhmed Ouyahia I et II
PrédécesseurMokdad Sifi
SuccesseurSmaïl Hamdani
Ministre d’État
Conseiller spécial auprès du président de la République, représentant personnel du chef de l’État

(11 mois et 1 jour)
PrésidentAbdelaziz Bouteflika
Chef du gouvernementAli Benflis
GouvernementBenflis III
Ministre d’État
Ministre de la Justice

(2 ans, 5 mois et 12 jours)
PrésidentAbdelaziz Bouteflika
Chef du gouvernementAhmed Benbitour
Ali Benflis
GouvernementGouvernement Benbitour
Benflis I et II
Biographie
Date de naissance (65 ans)
Lieu de naissanceBouadnane, Iboudraren (Algérie)
NationalitéDrapeau de l'Algérie Algérienne
Parti politiqueRND
Diplômé deENA d'Alger
ProfessionHaut fonctionnaire
ReligionIslam

Ahmed Ouyahia
Premiers ministres algériens

Ahmed Ouyahia (en arabe : أحمد أويحيى, en Kabyle : ⴰⵃⵎⴷ ⵓⵢⵃⵢⴰ), né le à Iboudraren, dans la daïra de Beni Yenni, dans l'actuelle wilaya de Tizi Ouzou, en Algérie, est un homme d'État algérien, Premier ministre depuis le . Il détient le record de durée au poste de chef du gouvernement. Il est par ailleurs le seul titulaire à avoir exercé la fonction plus d'une fois[N 3].

Haut fonctionnaire, il est chef du gouvernement de 1995 à 1998, de 2003 à 2006 et en 2008, puis Premier ministre de 2008 à 2012, chef de cabinet du président de la République de 2014 à 2017, puis de nouveau Premier ministre depuis 2017.

Il est par ailleurs secrétaire général du Rassemblement national démocratique (RND) de 1999 à 2012 puis réélu à la tête du parti qu'il dirige depuis 2015.

Ahmed Ouyahia est diplômé de l'École nationale d'administration d'Alger en 1976 en sciences politiques.

Biographie

Enfance et éducation

Ahmed Ouyahia naît le dans le village de Bouadnane (commune d'Iboudraren) dans l'actuelle wilaya de Tizi Ouzou, en Kabylie, région berbèrophone du nord de l'Algérie. Après des études primaires à Alger de 1958 à 1965, il entre au lycée El-Idrissi et obtient le baccalauréat ès-lettres en 1972. La même année, il passe le concours d'entrée à l'École nationale d'administration d'Alger, qu'il réussit, parmi les trois premiers avec Ahmed Attaf (futur ministre des Affaires étrangères et membre du RND). Il se spécialise alors dans la diplomatie et sciences politiques en 1976. Il fait son service de 1977 à 1978, qu'il passe à l'enceinte d'El Mouradia de la présidence algérienne où il intègre l'équipe des relations publiques.

Mission diplomatique

En 1978, il entre à la présidence de la République au département des Affaires africaines en tant qu'administrateur stagiaire[1]. Il est ensuite envoyé en 1981, comme conseiller aux Affaires étrangères à l'ambassadeur d'Algérie en Côte d'Ivoire, puis en 1984, à la direction de la Mission permanente de l'Algérie aux Nations unies à New York. De 1988 à 1989, il devient co-représentant algérien au Conseil de sécurité des Nations unies, puis le il est nommé comme chargé d'études au cabinet du ministre des Affaires étrangères, Sid Ahmed Ghozali à Alger[2] avant de devenir moins d'un mois plus tard le directeur général du département africain du ministère le [3].

Il dirige le département Afrique jusqu'au [4] lorsqu'il est envoyé comme ambassadeur au Mali[5] chargé de négocier la paix comme intermédiaire dans le conflit entre le gouvernement malien et le mouvement Touareg, Azaouad, et abouti avec la création du traité de « Pacte national » de Bamako. Il est rappelé en Algérie en août 1993 pour servir dans le gouvernement de Redha Malek comme sous-secrétaire d'État aux affaires arabes et africaines. Il entre en avril 1994, en pleine décennie noir, au cabinet directeur du président, alors en exercice, Liamine Zéroual, où il est chargé des affaires politiques, notamment pour les négociations avec le Front islamique du salut (FIS) et la préparation de l'élection présidentielle que le président Zéroual remporte en novembre 1995.

Politique nationale

Nommé chef du gouvernement le 31 décembre 1995 par le président de la République, Liamine Zéroual, poste qu'il conserve jusqu'au , lorsque le président Liamine Zéroual annonce qu'il ne se représentera pas pour l'élection de 1999. Alors qu'Abdelaziz Bouteflika est élu président de la République en décembre 1999, il est nommé ministre d'État et ministre de la Justice du premier gouvernement d'Ali Benflis. Leader du Rassemblement national démocratique (RND), Ahmed Ouyahia est élu secrétaire général du parti. Durant le conflit entre l'Éthiopie et l'Érythrée, le président Bouteflika, alors président de l'Organisation de l'unité africaine (OUA), le charge de mener les négociations de résolution du conflit qui aboutissent à la signature d'un accord de cessation des hostilités à Alger en décembre 2000.

En 1999, après la démission de Zéroual de toutes ses fonctions politiques, il prend la tête du RND[6].

Ahmed Ouyahia remet sa démission au président après la défaite de son parti, le RND, aux élections législatives de juin 2002. Il est nommé ministre d'État du nouveau gouvernement et représentant spécial du président, poste honorifique mais sans budget ni pouvoir de décision.

Après la crise politique entre le président Bouteflika et Ali Benflis, devenu un sérieux prétendant à la présidence, ce dernier est écarté et Ahmed Ouyahia est nommé chef du gouvernement pour la seconde fois. Il remet sa démission le , après des négociations entre les partis de la coalition présidentielle, son parti, le RND, le FLN et le MSP.

C’est sous l’administation Ouyahia qu’a été promulguée la loi de généralisation de la langue arabe, visant essentiellement à l'arabisation de la Kabylie. Son entrée en vigueur en 1998 ainsi que l'assassinat le 25 juin 1998 du chanteur engagé kabyle Matoub Lounès ont déclenché un soulèvement en Kabylie et créé une vive émotion en Kabylie et dans la diaspora.

Il est nommé Premier ministre le par le président Bouteflika en vue de la révision de la Constitution, mission accomplie le 13 novembre 2008, permettant ainsi à Bouteflika de briguer un troisième mandat. Il est remplacé par Abdelmalek Sellal en septembre 2012[7].

Le , il démissionne de son poste de secrétaire général du Rassemblement national démocratique[8]. Abdelkader Bensalah lui succède.

Le , après la démission de Bensalah, il redevient secrétaire général, en assurant l'intérim dans un premier temps[9]. Le , candidat unique, il est formellement élu à l'unanimité à la tête de son parti[10].

Il est présenté comme le principal animateur du lobbying anti-français exigeant une repentance de la France pour « les crimes de la colonisation »[11].

Le , il redevient Premier ministre suite au limogeage d'Abdelmadjid Tebboune[12].

Ouyahia avec Dmitri Medvedev à Alger (2010)

Polémique

Le , il affirme que les « étrangers en séjour irrégulier amènent le crime, la drogue et plusieurs autres fléaux », que « ces gens-là sont venus de manière illégale » et qu'« on ne dit pas aux autorités "jetez ces migrants à la mer ou au-delà des déserts", mais le séjour en Algérie doit obéir à des règles », ce qui conduit Amnesty International à dénoncer des propos « choquants et scandaleux » et « alimentent le racisme et favorisent la discrimination et le rejet de ces personnes [qui] ont fui les guerres, la violence et la pauvreté »[13]. Enfin, Abdelmoumene Khelil, secrétaire général de la Ligue algériennes de défense des droits de l'homme (LADDH), estime pour sa part que ces propos « dignes des discours de l’extrême droite européenne viennent torpiller le discours équilibré sur le sujet du nouveau Premier ministre »[13].

Le , il reçoit le soutien du ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, qui déclare que « les Algériens sont connus pour leur hospitalité, leur sens de la fraternité, mais ils sont aussi jaloux de leur sécurité et de la sécurité de leur pays », ajoutant que « notre obligation en tant qu’État est de préserver la souveraineté nationale et la sécurité de notre pays...nous n’avons de leçons à recevoir de personne, ni des ONG nationales ni des partis politiques. Leurs déclarations n’engagent qu’eux »[14].

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