Accords de Munich

Les accords de Munich furent signés entre l'Allemagne, la France, le Royaume-Uni et l'Italie représentés respectivement par Adolf Hitler, Édouard Daladier, Neville Chamberlain et Benito Mussolini (qui s'était commis en intermédiaire) à l'issue de la conférence de Munich, tenue du 29 au . Le président tchécoslovaque, Edvard Beneš, et le secrétaire général du Parti communiste de l’Union soviétique, Joseph Staline, ne furent pas invités.

Ces accords avaient pour but de terminer la crise des Sudètes mais, indirectement, ils scellent la mort de la Tchécoslovaquie comme État indépendant, en permettant à Hitler d'annexer les régions peuplées d'Allemands de la Tchécoslovaquie. Les accords de Munich sont considérés comme ayant mis un terme à la première République tchécoslovaque, la « seconde République » ne vivant ensuite que quelques mois avant son démembrement.

Chamberlain, Daladier, Hitler et Mussolini le .

De Versailles à Munich

Même si l'on se réfère souvent au traité de Versailles, c'est en réalité le traité de Saint-Germain-en-Laye qui entérine la situation de fait depuis novembre 1918 qui a vu la proclamation de la République tchécoslovaque. Il fait droit à la revendication des Tchèques et des Slovaques de se doter d'un pays sur une base nationale, selon le principe de Woodrow Wilson, du « droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ». Néanmoins, ce traité ignore délibérément le fait que les territoires de la Bohême, de la Moravie, de la Slovaquie, de la Ruthénie et de la Silésie incluent des minorités, voire parfois des majorités (les Allemands des Sudètes, les Hongrois au sud de la Slovaquie, les Polonais en Silésie). De plus, le « peuple » tchécoslovaque est une construction largement artificielle : autrefois unis au sein de la Grande-Moravie, les deux peuples sont depuis longtemps séparés :

  • les Slovaques viennent de passer presque 1 000 ans sous domination hongroise ;
  • les Tchèques ont passé autant de temps dans la sphère culturelle et politique allemande (les rois de Bohême sont vassaux puis princes-électeurs du Saint-Empire avant que la couronne ne passe à la maison d'Autriche, certains rois de Bohême ont même été empereurs.).

Ces destinées séparées ont créé de fait deux nations distinctes réunies de manière arbitraire pour justifier leur autonomie.

Les cartes présentées par les représentants tchèques, Karel Kramář et Edouard Beneš, à Saint-Germain, minimisent voire passent sous silence l'existence de ces minorités, cela devant la nécessité de défendre un État-nation où les Tchèques et les Slovaques combinés ne représentent qu'à peine plus de 50 % de la population, au côté des Hongrois, des Allemands (Sudètes), des Juifs germanisés, des Polonais, des Ruthènes et des Roms, qui habitent les vestiges d'un empire multiculturel et multi-ethnique.

La crise des Sudètes

Article détaillé : Crise des Sudètes.

En novembre 1918, les Allemands des Sudètes deviennent une minorité au sein de l'État tchécoslovaque nouvellement créé. Les députés les représentant refusent l'adhésion au nouvel État, exigent le rattachement de leurs régions à l'État autrichien et établissent quatre gouvernements régionaux :

  • Böhmerwaldgau – au sud de la Bohême, demandant son rattachement au Kreis d'Oberösterreich (la Haute-Autriche) ;
  • Deutschböhmen – au nord-ouest de la Bohême ;
  • Sudetenland – en Moravie du nord et Silésie autrichienne (historiquement la Région des Sudètes) ;
  • Südmähren – en Moravie du sud demandant son rattachement au Kreis de Niederösterreich (la Basse-Autriche).

Collectivement, ces régions sont appelées la Région des Sudètes. Les citoyens de nationalité allemande sont 3 millions dans un pays de 15 millions d’habitants.

Cependant, jusqu'en 1935 au parlement tchécoslovaque, ce n'est qu'une minorité des députés germanophones des Sudètes qui demande la sécession complète de leur région, certains Allemands des Sudètes participant même aux coalitions gouvernementales.

La crise économique de 1929 a une influence importante dans les régions industrielles des Sudètes où le chômage s'élève très rapidement, accentuant les conflits nationalistes. L'opposition entre les Allemands et les Tchèques s'intensifie tout au long des années 1930, ponctuée par les bouleversements qui surviennent en Allemagne à la suite de la prise du pouvoir par Hitler en 1933. La minorité allemande (majoritaire dans les régions concernées), emmenée par le nazi Konrad Henlein amplifie ses exigences et la crise éclate après l'Anschluss[n 1] de l'Autriche au Reich en 1938. Il est alors évident que la prochaine exigence de Hitler sera le rattachement de la Région des Sudètes.

La crise atteint son paroxysme lorsqu'Hitler, invoquant le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, annonce qu'il annexera cette région, quoi qu'il arrive, le , en sachant parfaitement que cela équivaut à une déclaration de guerre avec la France et le Royaume-Uni, nations alliées de la Tchécoslovaquie.

Mobilisation de réservistes pendant la crise des Sudètes, affiche placardée à Metz.

La France mobilise alors ses troupes alors que, sur proposition de Benito Mussolini, Hitler décide d’organiser une conférence de la dernière chance.

Other Languages
Alemannisch: Münchner Abkommen
العربية: معاهدة ميونخ
azərbaycanca: Münhen sazişi
беларуская (тарашкевіца)‎: Мюнхэнскае пагадненьне
hornjoserbsce: Mnichowske zrěčenje
Bahasa Indonesia: Persetujuan München
한국어: 뮌헨 협정
Lëtzebuergesch: Münchener Ofkommes
Bahasa Melayu: Perjanjian Munich
norsk nynorsk: Münchenavtalen
português: Acordo de Munique
srpskohrvatski / српскохрватски: Minhenski sporazum
Simple English: Munich Agreement
slovenčina: Mníchovská dohoda
slovenščina: Münchenski sporazum
українська: Мюнхенська угода
Tiếng Việt: Hiệp ước München