Académie des Jeux floraux

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Académie des Jeux floraux
Cadre
Forme juridique Association de loi 1901
But Concours littéraires
Fondation
Fondation 1323
Fondateur Bernat de Panassac
Guilhem de Lobra
Brenguier de Sant Plancart
Peyre de Mejanaserra
Guilhem de Gontaut
Peyre Camo
Bernat Oth
Identité
Siège Hôtel d'Assézat, Toulouse
Affiliation Conférence nationale des académies des sciences, lettres et arts et Comité des travaux historiques et scientifiques
Membres 40 membres "mainteneurs"
Slogan HIS IDEM SEMPER HONOS (Par ces fleurs toujours la même beauté)
Site web jeuxfloraux.fr
Dissolution
Dissolution 1790, rétablie en 1806

L'Académie des Jeux floraux ( occitan, Acadèmia dels Jòcs Florals) est une société littéraire fondée à Toulouse en 1323, sans doute la plus ancienne du monde occidental. Elle doit son nom aux jeux floraux, fêtes célébrées à Rome en l'honneur de la déesse Flore. Lors de concours qui ont lieu chaque année, les membres de l'Académie, appelés « mainteneurs », récompensent les auteurs des meilleures poésies en français et en occitan. Ces récompenses revêtent la forme de cinq fleurs d'or ou d'argent : la violette, l' églantine, le souci, l' amarante et le lys. Celle ou celui qui reçoit trois de ces fleurs porte le titre de « maître des jeux ».

Histoire

Origines

Dame Clémence Isaure par Jules Joseph Lefebvre
Statue de Clémence Isaure par Auguste Préault dans la série Reines de France et Femmes illustres du Jardin du Luxembourg

L'institution fut fondée en 1323 par plusieurs poètes qui se réunirent pour former ce qu'on appela le Consistori del Gay Saber ou Consistoire du Gai Savoir. Soucieux de rétablir un certain lyrisme après la croisade contre les Albigeois au e siècle, de riches bourgeois toulousains organisèrent un concours littéraire en langue d'oc, récompensant chaque année un troubadour d'une violette dorée à l'or fin.

Le premier concours de poésie eut lieu le . Se déroulant tout d'abord au verger des Augustines, cette compétition devint peu après une fête locale financée par les Capitouls [1].

Après plusieurs tentatives, les jeux furent également instaurés à Barcelone en 1393 à l'initiative du roi Jean Jean Ier d'Aragon et furent maintenus sous les auspices des monarques d'Aragon jusqu'à la fin du XVe siècle.

XVIe siècle

En 1513, des différends éclatent entre le Consistoire du Gai Savoir et les Capitouls. Les membres du Consistoire décidèrent alors de prendre leur indépendance : ils changèrent le nom de la société en « Collège de rhétorique [2] » et réclamèrent à la municipalité le financement de leur manifestation. Pour appuyer leur demande, ils créèrent le personnage de Clémence Isaure, dont ils racontèrent qu'elle avait légué tous ses biens à la ville à condition que les Jeux floraux y soient organisés chaque année.

Afin de convaincre les magistrats, ils utilisèrent la sépulture de Bertrande Ysalguier, dont la statue expose dans ses mains jointes un iris symbolisant les fleurs du Gai Savoir. Parallèlement, ils lui inventèrent un passé, créant des archives de toutes pièces. Cette statue sera modifiée un siècle plus tard afin de coller à la légende : la tête est remplacée, des fleurs sont substituées au chapelet dans la main droite, la charte des Jeux floraux est placée dans la main gauche, et le lion est supprimé.

XVIIe siècle

En 1694, sous l'impulsion de Simon de La Loubère, la Compagnie des Jeux floraux devint l'Académie des Jeux floraux, nom qu'elle a gardé jusqu'à aujourd'hui. Louis XIV édicta les statuts de l'Académie, qui seront modifiés plusieurs fois par la suite. La langue des poèmes soumis à concours devint le français.

XVIIIe siècle

Par lettres patentes du mois de mai 1725, le nombre des mainteneurs est porté de trente-six à quarante. De nouvelles lettres patentes datées du 28 septembre 1743 permettent la délivrance de lettres de maîtrise aux religieux qui obtiennent trois prix lors des quatre concours annuels. Cette organisation est en partie remaniée par un édit de 1773. Le 21 juin 1777, Monsieur, frère du roi Louis XVI et futur roi Louis XVIII, assiste à une séance de l'Académie et entend la lecture de trois odes de Géraud Valet de Réganhac, maître ès jeux depuis 1759. Peu après, la période révolutionnaire entraîna la dispersion des membres de l'Académie et la suspension de ses activités.

XIXe siècle

Rétablie officiellement en 1806, l'Académie des Jeux floraux continua tout au long du e siècle à être régie, malgré quelques changements mineurs à son règlement, par les statuts de 1694.

Depuis 1894, elle se réunit à l' hôtel d'Assézat, où se trouve la fameuse statue de Clémence Isaure, et elle continue d'attribuer des prix littéraires. Chaque 3 mai, dans la salle des illustres du Capitole, on fait l'éloge de l'inspiratrice et bienfaitrice des poètes. Le même jour a lieu dans la basilique de la Daurade une messe où sont bénies les fleurs du concours avant d'être présentées à la cérémonie de remise de prix.

En 1895, l' occitan est rétabli dans les concours, au côté du français [3].

En 1859, elle inspira l'instauration de nouveaux Jeux floraux à Barcelone puis à Valence.

Jeux floraux de 1819.Ces jeux, organisés à Toulouse, mettaient en compétition des poètes et des musiciens sous l'égide de la nymphe Flore. En 1819, l'un des lauréats fut Victor Hugo, alors âgé de dix-sept ans. Ce jeton peut donc être de cette émission, étant sans poinçon.

XXe siècle

Lors de sa visite à Toulouse, le 5 novembre 1940, le maréchal Pétain est intronisé « protecteur » de l’académie des Jeux Floraux et se voit remettre le bouton d’or par Joseph Rozès de Brousse. Plusieurs hauts fonctionnaires du régime de Vichy font partie entre 1940 et 1944 de ses membres : Jean-Marie Charles Abrial comme mainteneur et Joseph Barthélemy, Charles Maurras et Pierre Lespinasse comme maîtres-es-jeux. Après la chute du régime de Vichy, Camille Soula propose la dissolution de l’académie [4]. En février 1942, le Secours national reçoit un don de l’académie [5].