Évaluation économique de la biodiversité

Plusieurs tentatives d’évaluation économique de la biodiversité sont en cours depuis le début du XXe siècle, à la suite notamment de l' évaluation des écosystèmes pour le millénaire.

Cette couverture du magazine Fantastic d' octobre 1961 illustre une nouvelle de l'écrivain Robert Franklin Young ; Déluge II réactive le mythe de l' arche de Noé pendant l' ère de la conquête spatiale : préserver la biodiversité vaudrait-il de développer un programme spatial si les conditions de vie sur Terre sont atteintes ?

Enjeux

Ces approches consistent généralement d'une part à définir les valeurs attachées à la biodiversité, et d'autre part porte sur les techniques disponibles pour mesurer les valeurs des services écologiques, dont leur valeur économique.

Certaines ont un volet prospectif nécessitant d'utiliser des scénarios d'évolution de la biodiversité (par exemple en France, le Commissariat général au développement durable (la veille de la mission prospective) a publié un document Horizons 2030-2050 intitulé « Quels scénarios réalistes pour préserver la biodiversité d'ici à 2030 » [1].

Elles s'inscrivent dans une perspective de monétarisation de la nature et d'éléments environnementaux (temps, bruit, pollution, aménités, etc.) [2].
Selon le Rapport dit « rapport Chevassus-au-Louis » (du nom de son auteur Bernard Chevassus-au-Louis), un des enjeux de cette monétarisation est de changer la perception que nous avons de la biodiversité ; souvent limitée « à quelques espèces emblématiques de faune ou de flore [3] » ; « Il est crucial de restituer cette biodiversité sous l’angle de son omniprésence comme fondement de la vie et de ses multiples interactions avec les sociétés humaines, que ce soit comme support à l’alimentation, aux médicaments, aux grands processus biogéochimiques, à l’industrie chimique, ou encore à l’inspiration créative. L’accent est donc mis sur ces multiples biens et services dont nos sociétés humaines tirent bénéfice, en s’appuyant sur quelques exemples d’enjeux émergents et en insistant sur le fait que ces services seront sans doute encore plus importants à l’avenir qu’aujourd’hui [3]. » Elle s'inscrivent aussi dans l'initiative (2009) « l’Économie des écosystèmes et de la biodiversité » ( TEEB) elle-même appuyant la révision du système des Nations unies de comptabilité nationale, ou encore sur « l’Initiative pour une économie verte », avec un objectif sous-tendu ou annoncé de verdir la fiscalité, associer des critères d'écoéligibilité aux subventions publiques pour limiter leurs effets négatifs sur la biodiversité. Certains (vision plutôt libérale) imaginent aussi qu'un mécanisme de paiement pour les services écosystémiques ou encore l’intégration de la biodiversité dans la comptabilité des entreprises permettrait, en donnant une valeur monétaire à la biodiversité de la mieux faire respecter. D'autres estiment qu'un effet pervers pourrait alors être une dérive vers la marchandisation du vivant et des services écosystémiques (sur le modèle du marché du carbone) ainsi qu'à la financiarisation de la nature.

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