Éducation au Québec

L' éducation au Québec comporte principalement quatre niveaux d'enseignement : l' enseignement préscolaire-primaire, secondaire, collégial et universitaire. À ces niveaux se rattachent la formation professionnelle, l' éducation des adultes et la formation continue.

L'éducation étant une compétence provinciale au Canada, le système d'éducation au Québec est géré par le Gouvernement du Québec par le biais du Ministère de l'Éducation, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Ce dernier assure le pilotage d'un système éducatif qui se distingue à plusieurs niveaux de ceux des autres provinces et territoires du Canada

L'enseignement au Québec se donne en plusieurs langues ( français, anglais et certaines langues amérindiennes). Lors de l' année scolaire 2005- 2006, le français était la langue d'enseignement d'environ 85,9 % des étudiants, l'anglais, de 13,6 %, l'enseignement bilingue (anglais-français), de 0,3 %, et l'enseignement en diverses langues amérindiennes, de 0,1 % [1].

Pour chaque niveau d'enseignement (sauf à l'université). il existe un réseau public et un réseau privé. Le réseau public est financé par les fonds publics et une taxe scolaire. Plusieurs établissements du réseau privé reçoivent aussi des subventions gouvernementales. Au niveau universitaire, la distinction entre le privé et le public n'est pas réelle puisque chaque établissement reçoit des droits de scolarité et des subventions.

Histoire

L'éducation comme responsabilité d’ordre privé (1608-1800)

Comme toute colonie en période d’équipement, les institutions de la Nouvelle-France sont à l’image de celles de sa métropole. L’éducation, à l’instar des services sociaux et de la santé, est d’abord une «  responsabilité morale » qui incombe au clergé et c’est l’évêque qui en dirige les destinées. C’est pourquoi on ne peut parler « d’administration scolaire » au sens moderne du mot pas plus qu’il ne faut chercher quelques structures locales ou régionales. En un mot, le système scolaire sous le Régime français est entièrement privé.

L’État reconnaît cette « responsabilité morale » confiée au clergé en lui accordant un financement qui, toute proportion gardée, correspond aux besoins de la société de l’époque en matière de santé et d’éducation. Cette contribution de l’État comporte trois sources principales. La première consiste en une subvention annuelle qui, en 1744, constituait 11,5 pour cent du budget total de la colonie. Il faut dire toutefois que cette subvention annuelle - à l’instar du budget de la colonie elle-même - n’était pas toujours versée de manière régulière. La deuxième source de financement provient des revenus des seigneuries qui ont été données au clergé par le roi. S’il est difficile d’en évaluer le montant, il demeure qu’au début du XVIIIe siècle, il ressort que « près de la moitié des censitaires canadiens relèvent de seigneurs ecclésiastiques » [2]. Enfin, on retrouve les dîmes dont les taux sont fixés par l’État qui veille, par ses tribunaux, à assurer sa perception. De plus, on ne saurait négliger les revenus générés également par les fondations établies par la fortune privée, surtout en ce qui a trait à la période qui précède l’établissement du gouvernement royal (1660).

À la différence de ce que l’on observera sous le Régime anglais, on n’assistera pas à l’éternel conflit entre l’Église et l’État [3] pour le contrôle de l’éducation. À cette époque, selon le mot de l’historien Guy Frégault, bureaucrates et ecclésiastiques « regardent la Cour non pas comme l’adversaire à qui il faut tenir tête, mais comme l’arbitre auquel il est sage de porter sa cause » [4].

De même, il ne faut pas perdre de vue que la population est peu importante et que les trois principales agglomérations du temps (Québec, Montréal et Trois-Rivières) ne regroupent que le quart de la population qui, en 1663 s’élevait à environ 3 500 personnes. En 1760, au lendemain de la Conquête, la Nouvelle-France ne compte que 65 000 personnes.

Les premières législations scolaires 1801-1840

Jusqu’en 1801, l’enseignement est laissé entièrement à l’initiative privée. En 1789, un comité d’enquête avait proposé la création par l’État d’un réseau d’écoles primaires et secondaires que couronnerait la fondation d’une université non confessionnelle et d’où, par conséquent, l’enseignement de la théologie serait exclu. Ce projet est repoussé par les milieux catholiques qui s’opposent principalement à la création d’une université non confessionnelle.

En cette fin du XVIIIe siècle, une série de facteurs politiques et idéologiques allaient précipiter l’intervention de l’État en matière d’enseignement primaire. D’une part, l’éducation en Europe avait toujours été le lot d’une élite, ce qui explique en contrepartie l’indifférence relative de l’État à ce propos. Les immigrants anglo-saxons, influencés par les idéologies égalitaires du Nouveau Monde, manifestent au contraire une « volonté commune (...) de créer ici une société d’avant-garde qui amenuiserait les distinctions de classes et qui mettrait l’enseignement à la disposition de tous » [5].

D’autre part, avec les transformations économiques qui se manifestent au tournant du XIXe siècle, la bourgeoisie anglaise commence à apercevoir « dans l’ignorance du peuple, une entrave au progrès économique » [6]. Enfin, l’introduction du système parlementaire en 1791 et l’affirmation croissante de l’idéologie libérale font apparaître l’ignorance généralisée comme un obstacle majeur à l’exercice démocratique et à la formation du citoyen. C’est pourquoi, « pour répondre principalement aux demandes d’une population anglaise croissante qui n’avait pas besoin d’être convertie à la cause de l’enseignement primaire» [7], le pouvoir exécutif décide d’intervenir en matière d’éducation primaire en promulguant, en 1801, la loi de l’Institution royale pour l’avancement des sciences. P

Structures scolaires : 1876-1959

Entre 1876 et 1959, la durée des études et le contenu des programmes ont connu des modifications importantes. Toutefois, les structures scolaires, dans leurs traits essentiels, sont arrêtées pour un siècle. Les divisions du système scolaire sur une base confessionnelle et en un secteur privé et un secteur public demeurent. De même, l’enseignement primaire continue de relever essentiellement du secteur public et l’enseignement secondaire se départage toujours, chez les catholiques, en un secteur privé et un secteur public : départage qui conduit, pour l’un, aux études universitaires et, pour l’autre, au marché du travail. Bien sûr, la révision des programmes d’études en 1929 et en 1937-1939 a permis à quelques centaines d’élèves du secteur public – qui habitaient surtout en milieu urbain et qui n’auraient pas eu autrement les moyens financiers pour étudier au collège classique – de poursuivre jusqu’à l’université et « d’accéder aux carrières du commerce, du génie et des sciences» [8]. Toutefois, dans l’échelle de prestige du moment, ces carrières arrivaient loin derrière les professions libérales traditionnelles auxquelles on ne pouvait accéder sans passer par la voie royale des collèges classiques.

Jusqu’à la fin des années cinquante, le système public d’enseignement apparaîtra sous-financé. De plus, l’organisation scolaire apparaît comme un véritable fouillis. Ainsi, en 1950, en plus du réseau d’écoles publiques qui relèvent du Département de l’Instruction publique, on retrouve neuf ministères qui entretiennent un réseau d’écoles parallèle en rapport avec leurs activités principales. Ce manque de coordination au niveau des structures se reproduit au niveau des programmes de formation secondaire du secteur public qui, chez les francophones, se terminent la plupart du temps par un cul-de-sac. En effet, au début des années soixante, quoique 95 pour cent des effectifs de niveau primaire et 70 % du niveau secondaire relèvent du secteur public, l’enseignement supérieur apparaît toujours comme une chasse-gardée du secteur privé puisqu’il « est encore presque le seul à offrir l’enseignement secondaire du second cycle » [9] qui donne accès à l’université. Quant à la formation professionnelle, elle relève surtout du secteur public même si la présence du secteur privé est non négligeable. Ainsi, en 1959, « on recense 119 écoles professionnelles privées accueillant 18 000 élèves et 127 “écoles d’affaires” ou collèges commerciaux fréquentés par 16 000 élèves » [10]. À cela, il faut ajouter une cinquantaine d’instituts familiaux que dirigent des communautés religieuses de même que les écoles de soins infirmiers puisque les hôpitaux auxquels elles sont rattachées sont privés.

Enfin, c’est le secteur privé qui assure la quasi-totalité de la formation des maîtres grâce à un réseau de 114 écoles normales qui appartiennent à des communautés religieuses.

Entre 1954 et 1960, les effectifs scolaires des 13-16 ans ont doublé, passant de 130 000 à 262 000 élèves. Avec une telle pression démographique, on comprendra que le système d’éducation québécois à la fin des années cinquante apparaisse à la conscience sociale comme « un système fragmenté, sous-financé, sous-développé, dépourvu de coordination, peu démocratique, élitiste et sexiste » [11].

Fondation du ministère de l'Éducation

Le ministère de l'éducation du Québec fut fondé en 1964.

Rapport Parent

Article détaillé : Rapport Parent.

Au début des années 1960, une commission royale d'enquête fut chargée de faire état de la situation de l' éducation au Québec. Son rapport, le "rapport Parent", publié en 1963-1964 en 3 tomes, répartis sur 5 volumes [12], suggérait diverses réformes du système d'éducation québécois en proposant notamment :

Déconfessionnalisation des écoles (2000)

Article détaillé : Loi 118.

Le 14 juin 2000, l'Assemblée nationale adopte la Loi 118 abrogeant le statut confessionnel des écoles publiques, primaires et secondaires, du Québec. Cette loi a été rendue possible grâce à une modification de l'article 93 de la Constitution canadienne, effectuée en 1998, qui permet la création de commissions scolaires linguistiques. François Legault, ministre de l'Éducation estime «qu'on doit tendre, au Québec, vers moins de religions.»

Même si elle reconnait la «déconfessionnalisation» des écoles, la Loi 118 permet également de conserver un enseignement religieux, limité aux confessions catholique et protestante [13].