Édouard Alexander

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Alexander.
Édouard Alexander
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 88 ans)
MarseilleVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Autres informations
Distinctions

Édouard Alexander, alias Auer, Breville, Thibaut, Franck, né le à Marseille, et mort le à Marseille, est un résistant et avocat d'affaires français. Au cours de sa carrière, il est bâtonnier de l'Ordre des avocats de Marseille, président de la CARSAM, Caisse de règlement et service des avocats au Barreau de Marseille, Premier vice Président fondateur de l'UNCA, Union Nationale des Caisse des Avocat et Vice-Président de la Conférence des Bâtonniers.

Biographie

Édouard Alexander est né le à Marseille dans une famille de commerçants installés sur le port, son père Alfred et son oncle Jules se partageant une activité de Shipchandler commencée par leur grand-père en 1830.

Le jeune Édouard commence ses études au lycée Périer, mais il est obligé très vite de les abandonner.

En effet, la crise qui se profile et les difficultés économiques d’après-guerre rendent impossible aux deux familles de vivre décemment sur les revenus du commerce.

Les deux frères décident de se séparer ; Jules restera à Marseille pour poursuivre l’activité, et Alfred essaiera de développer une activité identique sur Gênes, pour créer des synergies avec l’activité marseillaise.

C’est ainsi que le jeune Édouard, son frère, sa sœur, suivent leurs parents qui s’installent à Gênes.

Cependant, la création d’une activité nouvelle de shipchandler dans le port de Gênes n’est pas du goût des Génois et très vite le jeune Édouard est contraint à travailler à 14 ans comme pousseur de charreton de vitrier, pour pouvoir aider la famille à subsister ; il en gardera le parler du patois génois.

Rapatrié sur Nice où son père trouve du travail à la Chambre de commerce, il apprend le métier de peintre en bâtiment et s’installe à son compte comme peintre en lettres à 18 ans.

C’est alors qu’il est appelé sous les drapeaux pour le service militaire, trois ans à l’époque.

Libéré de ses obligations militaires, il décide de ne pas reprendre ses activités d’ouvrier ; il a appris à l’armée ce qu’était la comptabilité ; il continue à se former et est embauché par la Caisse d’allocations familiales de Nice en qualité de teneur de livres comptables.

Mais il réintègre rapidement l’armée à la suite de la déclaration de la guerre et n'est libéré de l’Armée des Alpes, l’Armée Invaincue, qu’en , après l’Armistice.

Faits de Résistance

Il ne supporte pas l’idée que l’on puisse cesser de se battre dans un pays occupé par l’envahisseur et dont les dirigeants acceptent de collaborer avec ce dernier.

Comme beaucoup de Français refusant cette situation, isolé dans un contexte difficile, il commence avec son frère Raymond, des actions de propagande pour manifester son opposition à cette situation. Mais cela ne le satisfait pas.

Le , pour donner plus d’efficacité à son action, il décide avec son frère Raymond et Léon Brown de constituer un mouvement de résistance active qui prendra le nom de Liberté.

Le comité directeur[1] définit ses objectifs, recrutement, mise en rapport avec Londres, émissions clandestines (Brown étant ingénieur radio), Carisio professeur d’enseignement technique sera chargé d’action à l’égard des jeunes dans un mouvement qui sera dénommé Jeune République filiale de Liberté.

Après avoir contacté Combat qui ne lui propose rien de concret et surtout pas d'armes, il intègre le mouvement Franc-Tireur dont il devient membre du comité directeur des Alpes-Maritimes le , chef départemental des groupes francs le , et chef départemental des groupes francs des MUR le , et organise à ce titre, divers attentats et sabotages dans le département des Alpes-Maritimes et ses environs.

Les sabotages de d’Angeli à Nice avec la destruction de réserves d’essence, du pont Saint-Laurent, du tunnel de Riquier en novembre 1942 perturbent la circulation entre la France et l’Italie.

Mais toutes ces actions attirent l’attention sur lui et il est arrêté par la police de Vichy le .

Une tentative d’évasion organisée par son frère dans le train échoue et il est jugé en section spéciale à Aix-en-Provence.

Défendu par le futur bâtonnier Filippi, c’est là qu’il sera confronté pour la première fois avec la justice, face à un président lisant ouvertement un journal pendant que l’avocat qui le défendait plaidait.

Le une nouvelle tentative d’évasion organisée par Max Juvénal dit Maxence et par Maurice Chevance-Bertin ne peut avoir lieu, Chevance s'étant cassé la jambe et le transfert en Centrale au Fort Vauban à Nîmes a lieu le où il est élu par les Politiques Membre du Comité Directeur de la Centrale en .

Après diverses tentatives avortées, il s'évade les armes à la main, avec 22 détenus politiques le .

Les évadés en tenue de forçats, poursuivis par la police, la Gestapo et la milice, cherchent à rejoindre les maquis des Cévennes, mais mal guidés, s’orientent d'abord vers Montpellier, ce qui les sauvera[2].

Après un périple de 15 jours, les évadés se retrouvent à 8 seulement au maquis de Saint Frezal d’où ils sont délogés après une nuit et obligés de reprendre la route vers le maquis des Bouzèdes au nord de Vialas, où ils peuvent enfin reprendre des forces.

À Bouzèdes, par son expérience, il devient instructeur explosif et participe à diverses actions :

- attaque de la gendarmerie de la Bernarède, - attaque sur voies ferrées, - sabotages sur voies ferrées, - sabotages de poteaux télégraphiques.

Au bout de trois mois il décide de quitter le maquis.

Il va à Lyon pour renouer des liens avec les organisations de la Résistance, mais malheureusement, depuis qu’il a été arrêté, tous les cadres ont changé. Il décide de retourner sur Nice, ce qu’il fait au printemps 1944.

Il reprend l'action armée, caché de jour dans un placard construit chez son beau-père, actif la nuit, de sorte que la Gestapo ne pourra le retrouver avant la libération de Nice le [3] dans laquelle le mouvement Liberté, alors intégré à Franc-Tireur jouera un rôle important[4].

Après la guerre il sera réhabilité, « ses actes ayant été utiles à la nation ».

Other Languages