Économie du Venezuela

Venezuela
Indicateurs économiques
Monnaie Bolivar vénézuélien
Année fiscale calendaire
Statistiques
Produit intérieur brut (parité nominale) 407.4 milliards $ (estimation 2013)
Rang pour le PIB en PPA en volume du PIB : 34e
Croissance du PIB + 1,6
PIB par habitant en PPA 13,600 $
PIB par secteur agriculture : 3,7 %
industrie : 35,5 %
services : 60,8 %
Inflation ( IPC) 5,7 % (mai 2014)
Pop. sous le seuil de pauvreté 31,6 % (estim 2011)
Indice de développement humain (IDH) 0,764
Population active 14 millions
Population active par secteur agriculture : 7,3 %
industrie : 21,8 %
services : 70,9 % (T4 2011)
Taux de chômage 7,3 % (2016) [1]
Commerce extérieur
Exportations 91,78 milliards $
Biens exportés pétrole, produits agricoles, manufacturés, chimiques
Principaux clients États-Unis (39,1 %) Chine (14,3) %, Inde (12 %), Antilles néerlandaises (7,8 %), Cuba (4,6 %)
Importations 38,61 milliards $
Principaux fournisseurs États-Unis (26,6 %) Chine (16,8 %), Brésil (9,1 %), Colombie (4,8 %)
Finances publiques
Dette publique 74,87 milliards de $ (25,5 % du PIB)
Recettes publiques 116,3 milliards de dollars (estim 2012)
Dépenses publiques 175,3 milliards de dollars (estim 2012)
Sources :
https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/geos/ve.html - Estimations 2013

Cet article fournit des informations sur l'économie du Venezuela.

Le Venezuela est un pays situé au nord de l' Amérique du Sud. Il dispose des plus importantes réserves de pétrole mondial, et les exportations pétrolières de la compagnie d'État PDVSA assurent 95 % des exportations et 50 % du PIB.

Histoire économique du Venezuela

L'importance ancienne du pétrole

La principale activité économique est l'exploitation et le raffinage du pétrole pour l'exportation et la consommation intérieure. Le secteur pétrolier domine l'économie avec à peu près un tiers du PIB, 85 % des bénéfices à l'exportation [2] et 43 % des revenus du gouvernement [3]. Le pétrole est la ressource naturelle la plus abondante; elle est traitée par la société pétrolière nationale PDVSA depuis 1975. Son exploitation officielle commence dès 1875 dans l'État de Táchira. À partir de 1922 commence l'exploitation pétrolière à grande échelle, déclenchant bien des évènements qui changeront la marche du pays. C'est, entre autres, à l'initiative du Venezuela que fut fondée l' OPEP.

Cette dépendance de l'économie au pétrole participa à une importante crise financière en 1994, aggravée par la récession de 1993.

Les années de crise 1999-2003

Alors que le taux de progression moyen du PIB PPA (parité de pouvoir d'achat) dans le monde entre 1990 et 2002 était de 57 %, le Venezuela est l'un des rares pays où celui-ci a baissé en passant de 6 169 dollars par habitants en 1990 à 5 380 dollars en 2002 et 4 740 $ en 2003. Plus de 80 % des Vénézuéliens vivent dans la pauvreté en 1999 [4] .

En 1999, l'économie nationale avait régressé de 7,2 %. Un effondrement des cours pétroliers durant la première moitié de l'année, jusqu'à 10 dollars le baril, avait accéléré la récession, et amené le gouvernement de Chávez à contacter les autres pays membres de l' OPEP afin de réduire la production mondiale et faire remonter le cours du baril. En mars 1999, la réunion de La Haye permet la réduction de 4 % des quotas pétroliers de l' Oman, la Russie (non membre de l'OPEP), le Mexique (non membre de l'OPEP) et l' Arabie saoudite. Les cours du pétrole remontent.

En 2001, la croissance du Produit intérieur brut ou PIB fut de 2,7 %. Une augmentation significative des prix internationaux du pétrole a permis de sortir l'économie de la forte récession subie durant l'année 1999. Le secteur non pétrolier relativement faible, une fuite intense des capitaux, une chute temporaire des prix du pétrole et les tentatives de déstabilisation du gouvernement ont empêché que la récupération soit plus forte.

En 2002, le régime des changes a été changé par le gouvernement, passant d'un régime à taux libre flottant vers un régime à taux fixe contrôlé par le gouvernement, ce qui fit se déprécier considérablement la monnaie, le bolivar. En 2002 et 2003, en conséquence d'une importante instabilité politique et d'un coup d'État organisé par l'opposition au gouvernement, de la grève générale et du sabotage de la principale entreprise pétrolière nationale PDVSA, l'économie vénézuélienne subit une forte chute de son PIB de l'ordre de 8 %.

La relance des années 2004-2013

Après 2003, à la faveur de l'augmentation des prix des hydrocarbures, d'un climat politique plus détendu et de la reprise en main de PDVSA, le Venezuela a connu un taux de croissance du PIB de 13,5 % en moyenne jusqu'en 2009 (un des plus hauts du monde, selon les chiffres officiels et ceux du FMI) [5].

Les investissements sociaux du gouvernement (par le biais des misiones) dans les domaines éducatifs, alimentaires et médico-sanitaires, créées depuis 2001 commencent à porter leurs fruits : le taux de pauvreté est réduit entre 2003 et 2008 de près de 30 points (de 54 % à 26 %), dont une diminution particulièrement significative de l'extrême pauvreté de 72 % [5], tandis que près de 1 250 000 personnes ont été alphabétisées entre 2003 et 2004 selon les chiffres de la BCV (Banco Central de Venezuela) [réf. nécessaire]. Ces progrès sociaux s’accompagnent aussi d'une réduction des inégalités mesurées par l'indice de Gini [5].

Le PIB par habitant en PPA est passé entre 2003 et 2008 de 5 033 à 8 500 dollars selon les chiffres du FMI (estimation), et de 5 500 à 8 500 $ entre 1999 et 2008 (est.).

La crise économique de 2008 et l'effondrement soudain du cours des matières premières ont conduit à une faible croissance et une inflation forte. La forte inflation (30,9 % en 2008) a affecté la population durant cette période, mais le maintien des cours du pétrole et des volumes d'exportation ont permis à l'économie de se maintenir.

Difficultés et effondrement

L'économie vénézuélienne étant fortement dépendante de la rente pétrolière, qui représente 90 % des exportations et 50 % du budget de l'État, la chute des cours du pétrole démarrée en 2013 a fait chuter les revenus de l'Etat et exploser le taux d'inflation. Une inflation de 700 % est attendue sur l'année 2016 d'après le FMI, après une inflation de 159 % en 2015 [6].

Selon le FMI, l'inflation pourrait bondir à 2068 % en 2018 après 720 % en 2017 ; le PIB vénézuélien devrait se contracter de 12 % en 2017 après une chute de 18 % en 2016. Plus d’un million de Vénézuéliens ont fui leur pays pour se réfugier en Colombie, qui a un temps fermé sa frontière. D’autres ont choisi Manaus, au Brésil, pour sa commodité d’accès. Pas moins de 50 000 personnes sont parties chercher refuge au Chili [7].

Les difficultés économiques liées à l'inflation et la sous-production nationale ont conduit à de graves problèmes de pénurie, notamment alimentaire [8].

Le gouvernement de Nicolas Maduro a renforcé le contrôle des prix dans le pays, ce qui a conduit au développement d'un marché noir important, notamment pour les devises étrangères [9].

Le déficit public du Venezuela est estimé à 20 % du PIB en 2015 [10].

En novembre 2017, le pays est déclaré en défaut de paiement partiel par les agences de notation Fitch Ratings et S&P Global [11].

En décembre 2017, en réaction à la crise et aux sanctions, il annonce la création d'une crypto-monnaie, le petro, dont le cours dépend du pétrole, du gaz, de l'or et du diamant [12].