Économie du Mali

Mali
Indicateurs économiques
Image illustrative de l'article Économie du Mali
Marché au bestiaux de Fanafiè, commune de Kambila

Monnaie Franc CFA
Année fiscale Année calendaire
Organisations internationales OMC, UA
Statistiques
Produit intérieur brut (parité nominale) 14,48 milliards $ (2008)
Croissance du PIB 4,2 % (2008)
PIB par habitant en PPA 1 200 $ (2008)
PIB par secteur agriculture : 45 % (2001)
industrie : 17 % (2001)
services : 38 % (2019)
Inflation ( IPC) 2,5 % (2007)
Pop. sous le seuil de pauvreté 36,1 % (2005)
Indice de développement humain (IDH) 0.371 (181e rang)
Population active 5,4 millions (2007)
Commerce extérieur
Exportations 294 millions $ (2006)
Importations 2,358 milliards $ (2006)
Finances publiques
Recettes publiques 1,5 milliard $ (2006)
Dépenses publiques 1,8 milliard $ (2006)
Sources :
https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/geos/ml.html

L’économie du Mali reste dominée par le secteur primaire et notamment agricole. Les secteurs secondaire (industrie) et tertiaire sont peu développés. L’agriculture est confrontée à des difficultés récurrentes : sécheresses répétitives depuis les années 1970, baisse du prix des matières premières produites, comme le coton, hausse des coût de production (intrants et carburants). La production aurifère est importante au Mali. Le secteur industriel étant peu développé, le Mali importe une grande partie des biens de consommations.

Le Mali est également confronté au problème de la dette. Les organisations internationales ( Banque mondiale, Fonds monétaire international) a poussé l’État malien à adopter des politiques d’ajustement structurel avec la privatisation de certains secteurs de l’économie (transport ferroviaire, distribution de l’eau et de l’électricité et récemment la Compagnie malienne pour le développement du textile).

La croissance réelle du produit intérieur brut (PIB) est estimée à 5,3 % en 2006 contre 6,1 % en 2005 et l’inflation a été contenue en 2006 à 1,5 % contre 6,4 % en 2005. Pour 2007, les économistes tablent sur des taux de croissance de 5,2 % [1].

Si le taux de pauvreté a reculé sur la période 2001-2006, il reste très élevé avec une moyenne nationale de 47,4 % en 2006. Les variations géographiques sont importantes : en ville, il atteint 47,4 % et en milieu rural 57,6 % [2]. L’ indice de développement humain (IDH) positionne le Mali en 173e sur 177 en 2007/2008 [3].

Agriculture et pêche

Productions des principales cultures en 2001 [4]
Culture Production

(en tonnes)

Mil 722 226
Sorgho 532 572
Riz paddy 670 590
Coton graine 250 059
Maïs 204 921
Fonio 12 569
Patate 15 627
Igname 5 982
Manioc 1 426
Haricot 23 703
Arachide 166 270
Tabac 691
Paysans maliens cultivant le riz

L’économie du Mali est avant tout agricole. 80 % de la population active travaille dans ce secteur qui représentait 44 % du PIB en 1995 (16 % pour le secteur secondaire et 40 % pour le secteur tertiaire). Mais la production agricole est faible, souffrant à la fois d’un manque d’infrastructure en milieu rural, de rendements faibles trop liés aux variations climatiques. En dehors de la région de Sikasso, l’autosuffisance alimentaire n’est pas assurée.

La superficie des terres effectivement cultivées est estimée à 3 millions d’hectares soit 10 % des terres arables. Le potentiel des terres irriguées est estimé à environ 1 million d’hectares. Seul 130 000 ha sont actuellement complètement exploité [5].

L’agriculture est pratiquée par 630 000 petites exploitations familiales. La superficie moyenne est de 4,5 ha mais 40 % des exploitations ont une superficie inférieure à 3 Ha [5].

Céréales

Les céréales constituent la base de l’alimentation des maliens, notamment en milieu rural (220,13 kg/an/habitant contre 154,51 kg/an/habitant en ville) [5].

Face à la pénurie alimentaire observée en 2005 à la suite de l’invasion acridienne et de la sécheresse, le Mali a connu une flambée des prix de denrées agricoles. Entre octobre 2004 et juin 2005, le kilogramme de mil, base de l'alimentation est passé de 105 à 161 francs CFA, celui du maïs de 103 à 167 francs CFA et celui du riz de 272 à 289 francs CFA. Pour maîtriser cette inflation des prix des denrées de bases, le gouvernement a décidé d’exonérer de Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) 600 000 tonnes de riz et 100 000 tonnes de maïs importés, ainsi que la distribution gratuite de 8 500 tonnes de céréales dans les zones menacées de famine du Sahel [6]. Pour la campagne 2005/2006, grâce à une bonne pluviométrie lors de la saison des pluies, la production céréalière est estimée à 3 136 592 tonnes, en hausse de 10,3 % par rapport à la campagne précédente [7]. La culture du riz contribue à hauteur de 44 milliards de francs CFA au PIB, soit 5 %. La principale zone de production est celle de l’ Office du Niger qui représente 40 % de la production totale malienne estimée entre 700 000 et 900 000 tonnes selon les années.

La productivité de la filière riz au Mali, l’une des plus importantes en Afrique, ne permet pas d’assurer la protection des producteurs locaux face aux importations. L’application des politiques d’ajustements structurels rend la production nationale vulnérable face aux importations de riz subvention par les pays développés [5].

Coton

Récolte du coton

La filière coton, avec une production de 580 000 tonnes en 2004, représente 15 % du Produit intérieur brut (PIB). Environ trois millions de maliens vivent directement ou indirectement de la culture du coton [8].

Le coton est, après l’or, la deuxième source d’exportation avec 187 milliards de francs CFA en 2004 [9]. Pour la campagne 2005/2006, la production de coton graine est estimé à 600 100 tonnes contre 585 000 pour la campagne précédente [7]. Premier pays africain producteur de coton, le Mali est vulnérable aux fluctuations des cours de l’« or blanc » et est menacé par les subventions européenne mais surtout américaine accordés aux producteurs occidentaux qui rend le coton africain non compétitif [10]. Le Mali, avec d’autres pays comme le Burkina Faso ou le Tchad demandent la suppression de ces subventions. La production et la transformation du Coton sont organisées par la Compagnie malienne pour le développement du textile (CMDT). Cette entreprise d’État créée en 1974 connaît des difficultés importantes dues aux fluctuations du cours du coton sur le marché mondial mais aussi à une mauvaise gestion. Son déficit pour l’année 2004/2005 est évalué à 50 milliards de francs CFA. Sa privatisation, exigée par le Fonds monétaire international, est prévue pour 2008. Le gouvernement malien a décidé de créer des filières couvrant l’ensemble des régions productrices. Ces filières seront vendues avec la possibilité pour les producteurs d’entrer dans leur capital social [8].

Les paysans producteurs de coton sont majoritairement opposés à cette privatisation. Réuni à Fana en juillet 2005, le Forum des peuples a, à travers une pétition, réclamé l’abandon de la privatisation de la CMDT.

La production de coton « biologique et équitable », cultivé depuis 1998 dans les cercles de Kolondiéba, Yanfolila et Bougouni, a atteint 386 tonnes en 2005 et concerne 1700 producteurs de coton [11].

Élevage

Composition du cheptel malien en 2003 [12]
Animal Nombre de tête
Bovins 7 630 180
Moutons 6 825 500
Chèvres 9 324 000
Cheval 213 190
Anes 788 000
Chameau 300 000
Porcs 100 400
Volailles 23 000 000

L’élevage représente 10 % du PIB. Elle est la principale ressource de 30 % de la population [13].

75 % du bétail malien est constitué de troupeaux transhumants. L’élevage est l’activité principale des peuls et des touaregs.

Le bétail est le troisième produit exporté par le Mali, après l’or et le coton. Cependant, ce secteur a pâti de la crise ivoirienne. La Côte d’Ivoire était le premier importateur de bétail malien, devant le Sénégal, la Mauritanie, la Guinée, le Ghana, le Burkina Faso et le Niger [13].

Pêche et pisciculture

Pêcheurs sur le Lac Sélingué

La pêche représente 90 milliards de francs CFA, soit 4,2 % du Produit intérieur brut [14].

La production halieutique se situe autour de 100 000 tonnes par an dans les années de pluviométrie normale. La pêche est pratiquée par environ 71 000 pêcheurs (essentiellement des bozos) permettant de faire vivre de 256 400 personnes. La filière pêche dans son ensemble emploie environ 8 % de la population active. Christophe Breuil, Revue du secteur des pêches et de l’aquaculture : Mali pour l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, septembre 1996.

Les principales zones de pêches sont situées dans le delta central du Niger (80 % de la production totale) et les lacs des barrages de Sélingué et Manantali.

La baisse des niveaux de cours d’eau due au déficit de pluviométrie, entraînant une stagnation des captures halieutiques depuis 3 décennies, ainsi que l’augmentation de la population fait que la demande croissante en poissons, une des principales sources de protéines pour la population a du mal à être satisfaite. Le Mali attend développer la pisciculture qui est encore à l’état embryonnaire [14].

Concertations paysannes sur la Loi d'Orientation Agricole du Mali

En 2005, d'importantes concertations paysannes ont eu lieu dans le cadre du processus d'élaboration de la Loi d'orientation agricole (LOA) du Mali afin que les préoccupations, points de vue et propositions des paysans constituent le cœur des orientations politiques maliennes [15].

Vous pouvez également consulter le mémorandum paysan remis au gouvernement du Mali accordant une place méritée à tous les acteurs des concertations paysannes ainsi qu'aux méthodes mises en œuvre pour que le point de vue des paysans et paysannes soit respecté dans la transparence et la démocratie (www.maliagriculture.org) et (loa-mali.info).

La Loi d'Orientation Agricole a été adoptée le 16 août 2006. De nombreuses réformes doivent suivre son adoption. Plusieurs actions de communication auront lieu pour faire connaître la LOA aux populations et aux partenaires du Mali [16].

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