Économie de la Californie

Silicon Valley (« vallée du Silicium »), pôle des industries de pointe d'envergure mondiale situé dans la partie sud de la Région de la baie de San Francisco (Bay Area).
Le centre des affaires de Los Angeles (Downtown Los Angeles).

L'économie de la Californie représente 13 % du PIB des États-Unis, et serait à elle seule en 2016 la 6e puissance économique mondiale[1]. Avant la crise de 2008-2009, le taux de chômage était inférieur à la moyenne nationale et s'établissait à 4,8 % en mars 2006[2]. Depuis, il a fortement augmenté pour atteindre 11,2 % en juin 2009.

La réussite économique repose sur des industries de pointe, une agriculture performante, une population nombreuse et en croissance continue. Cependant, le modèle de développement californien est remis en cause dans une perspective de protection de l'environnement : les Californiens ont pris conscience des gaspillages énergétiques, des importants prélèvements en eau notamment pour l'agriculture ainsi que de la pollution industrielle. Enfin, la Californie est proche de la frontière mexicaine et profite du système des maquiladoras et d'une main-d'œuvre peu coûteuse.

Historique

Article détaillé : Histoire de la Californie.

Économie traditionnelle jusqu’en 1848

Durant la période précolombienne, les Amérindiens de Californie vivaient de la pêche et du ramassage des coquillages sur la côte, de l’agriculture et de la chasse à l’intérieur des terres. Dans la deuxième moitié du e siècle, les Espagnols développent l’agriculture et l’artisanat notamment dans le cadre des missions. Au siècle suivant, la Californie représente un enjeu commercial entre les grandes puissances coloniales européennes. Ainsi, les Russes, intéressés par la traite des fourrures, installent des comptoirs au nord de l’État. Des coureurs des bois explorent les montagnes. Après l’indépendance du Mexique en 1821, les missions sont dissoutes et leurs terres partagées entre les colons (ranchos) qui pratiquent surtout l’élevage.

La ruée vers l’or

Bodie, une ville fantôme, abandonnée après la ruée vers l’or.
Article détaillé : Ruée vers l'or en Californie.

1848 marque un tournant dans l’histoire économique de la Californie, d’abord parce que la région est annexée par les États-Unis. La Californie devient un État des États-Unis deux ans plus tard. Ensuite, la ruée vers l’or attire des mineurs et des aventuriers américains ou européens et marque le début d’une importante croissance démographique et économique. L'agriculture se développe à grande échelle[3] : dans les années 1870 et 1880, la Californie se place en tête des États en ce qui concerne la production de blé[4].

On bâtit rapidement de nouvelles routes, des écoles et des églises[5]. Entre 1847 et 1870, la population de San Francisco passe de 500 à 150 000 personnes[6]. L'accroissement des richesses et de la population conduit à l'amélioration des voies de communications entre la Californie et la côte Est des États-Unis. La construction de la Panama Railway, qui traverse d'un bout à l'autre l'isthme de Panama, s'achève en 1855[7]. Les bateaux à vapeur, dont ceux de la Pacific Mail Steamship Company, commencent un trafic régulier entre San Francisco et le Panama. Toutes les autres industries, dont le tourisme, profitent de l’arrivée des trains et du percement du canal de Panama[8]. L'image de la Californie demeure liée à celle de la ruée vers l'or et de la possibilité de faire fortune rapidement.

Industrialisation de la Californie

Exploitation du pétrole à Signal Hill, près de Los Angeles.

En 1869, l'achèvement du premier chemin de fer transcontinental, financé en partie par les bénéfices de la ruée vers l'or[9], relie la Californie au centre et à l'est des États-Unis.

Au début du XXe siècle, du pétrole est découvert dans le comté de Los Angeles, puis dans d’autres régions de la Californie : il devient rapidement l’industrie la plus rentable de la Californie du Sud et attire les nouveaux arrivants. Entre 1900 et 1936, la Californie est l’État américain qui produit le plus de pétrole[10]. Les premières décennies du e siècle voient en même temps la naissance des compagnies du cinéma. Parmi celles-ci, la MGM, Universal et Warner Brothers achètent toutes des terres à Hollywood qui va progressivement devenir le centre majeur de l’industrie cinématographique américaine.

La Grande Dépression atteint la Californie dans les années trente : en 1931, le chômage concerne plus de 700 000 personnes, dont la moitié pour le seul comté de Los Angeles[11]. Dans les années 1940, un virus détruit une grande partie des plantations d’agrumes[10].

La croissance en Californie reprend ensuite progressivement, plus vite que dans le reste du pays[12], principalement grâce à l’agriculture et à l'apparition d'industries de défense. Avec son climat méditerranéen, sa terre peu chère, et sa grande variété de paysages, elle attire alors beaucoup de touristes américains. La Lincoln Highway, la première route transcontinentale d’Amérique construite pour les véhicules motorisés, achevée en 1913, est un facteur clé du développement de l’industrie et du tourisme dans l’État : elle relie en effet New York à San Francisco ; des effets similaires suivent la création de la route 66 en 1926 : en 1940, la voiture est à la fois un composant essentiel et un symbole de la Californie[13]. Au début des années 1930 le secteur du show-business a étendu son empire sur la radio et, au milieu du siècle, la Californie du sud est devenue un centre majeur de la production télévisée : elle accueille de nombreuses chaînes et des réseaux comme la NBC et CBS. En 1947 sa production agricole dépasse celle des autres États américains[10].

"Wendy the Welder" contribuant à l'effort de guerre aux chantiers navals Kaiser de Richmond.

Durant la Seconde Guerre mondiale l’État prend son importance dans l’effort de guerre : de nombreuses bases d’entraînement sont établies en Californie (surtout au sud), dont l’industrie aéronautique, qui compte 300 000 travailleurs répartis entre des entreprises comme Douglas Aircraft Company ou Lockheed, est la première du pays. San Diego, Long Beach et la baie de San Francisco accueillent le gros des chantiers navals du pays. Les liberty ships et les victory ships sont produits en masse. L’afflux de main d’œuvre stimule le secteur de la construction. Après la guerre, l’immobilier remplace les industries du pétrole et de l’agriculture comme principal domaine d’activité en Californie du Sud. L'État se modernise et son économie se développe : à Los Angeles, la première autoroute de tout l'Ouest américain, la 110 Freeway, est achevée en 1953, et, en 1955, Disneyland ouvre à Anaheim.

Pendant les Trente Glorieuses, le « Golden State » vit une expansion commerciale et industrielle sans précédent. L’adoption d’un Master Plan for Higher Education en 1960 permet le développement d’un système d’éducation publique très efficace à travers l’université de Californie et l’université d’État de Californie. Par cette création de main-d’œuvre éduquée, la Californie attire les investisseurs, particulièrement dans les secteurs liés à la haute technologie. Elle reçoit des fonds fédéraux pour la recherche et développement[10].

Haute technologie et économie post-industrielle

Le Dryden Flight Research Center de la NASA, sur la Base Edwards, en Californie du Sud.

Les années 1970 voient le développement des industries de haute technologie dans la Silicon Valley[10]. La Californie, comme le reste de la Sun Belt profite alors du relatif déclin industriel du Nord-Est des États-Unis. L'emploi industriel passe de 260 000 en 1937 à 722 000 dix ans plus tard[14]. L’internationalisation de l’économie et la croissance des NPI d’Asie orientale stimulent les échanges : la Californie devient une interface de premier plan et les ports à conteneurs grandissent[15]. Dès 1965, elle dépasse l’État de New York pour les exportations de produits manufacturés[10].

Avec la fin de la guerre froide et les difficultés des compagnies aériennes, les effectifs industriels commencent à baisser. Les industries aéronautiques subissent un déclin relatif dans les années 1990[10]. Aujourd’hui, la puissance industrielle californienne est comparable à celle des petits pays européens. Elle devance tous les autres États américains. Mais dans le contexte de la mondialisation, elle subit la concurrence d’autres foyers notamment asiatiques (Bangalore par exemple). La crise des hautes technologies s’est manifestée par des pertes d’emplois, notamment dans la Silicon Valley en 2001-2003.