École maternelle en France

En France, l’école maternelle est destinée aux enfants des classes de toute petite section (à partir de 2 ans ou plus, selon les secteurs) jusqu'à la grande section. Gratuite et facultative, elle scolarise en 2014, 11,8% des enfants de 2 ans et la quasi-totalité des enfants de 3 à 5 ans. On peut retrouver actuellement en France 15079 écoles maternelles publiques, ainsi que 137 maternelles privées. Le cycle maternel constitue un élément important du système éducatif français et se donne pour but d'assurer l'éveil et la socialisation des jeunes enfants.

Histoire

Les initiatives du XVIIIe siècle

Une « salle d'asile » à Trondes.

Les premiers lieux d'accueil de très jeunes enfants ouvrent dès la fin du XVIIIe siècle avec des initiatives comme celle du pasteur Jean-Frédéric Oberlin qui crée dès 1771 une « école de tricots » dans les Vosges. Les autres créations sont plus proches des actuelles garderies. Ce type d'école se développe surtout au début du XIXe siècle avec la révolution industrielle. Leur vocation première est essentiellement sociale : il s'agit d'offrir un lieu de protection aux enfants des ouvrières, afin de les soustraire aux dangers de la rue. C'est pourquoi la maternelle est d'abord nommée « salle d'asile » ou « salle d'hospitalité » comme celle fondée par Adélaïde Piscatory de Vaufreland, marquise de Pastoret.

De la salle d'asile du XIXe siècle à l'école maternelle.

Dans les années 1810-1820, le modèle des infant schools du Royaume-Uni inspire des pionnières comme Émilie Oberkampf. Cette dernière réunit à partir de 1826 d'autres femmes désireuses de propager ces établissements et ouvrent la première salle d'asile parisienne en 1828. En 1831, un « cours normal pour la formation des éducatrices » est créé. Dans les années suivantes, les salles d'asile évoluent dans un sens plus pédagogique. En 1836, elles sont soumises au ministère de l'Instruction publique et se voient dotées d'un statut l'année suivante. La loi Falloux (1850) leur consacre trois courts articles, qui marquent la volonté de laisser une grande liberté aux salles d'asile privées, d'organiser le contrôle de l'État sur elles et de les intégrer dans le système scolaire en n'hésitant pas à employer le terme de programmes. L'année 1881 marque de nombreux changements concernant l'enseignement. En effet, en 1881 les salles d'asiles sont remplacées par les premières écoles maternelles et le personnel est remplacé par des institutrices formées spécifiquement pour l'enseignement en école élémentaire. La loi du 16 juin 1881, proposée par Jules Ferry et défendue par le ministère de l'instruction publique, rend l'école publique et laïque [1]. Le décret du 2 août 1881 donne pour mission principale à l'école maternelle d'offrir la possibilité aux enfants d'obtenir les soins nécessaire à leur développement physique, moral et intellectuel [2]. Le 28 mars 1882 une loi est créée afin de rendre l'enseignement obligatoire pour les enfants de 6 à 13 ans [3].

Les écoles maternelles

Pendant la Troisième République, l'école maternelle est sous l'autorité de Pauline Kergomard qui en est la première inspectrice générale. Celle-ci s'oppose à la tendance qui veut faire de ces écoles des lieux d'instruction à part entière, voulant plutôt favoriser le « développement naturel » de l'enfant.

Les maternelles ont dès l'origine été conçues comme devant accueillir les enfants des deux sexes et constituaient ainsi les seules écoles à pratiquer la mixité, longtemps refusée pour les autres niveaux d'enseignement. Quant aux adultes chargés de s'occuper des enfants de ces écoles, il s'agissait exclusivement de femmes.

En 2013, 82% des enseignants de l'école primaire (élémentaire + maternelle) sont des femmes [4], [5].

En 2006-2007, 23,4 % des enfants de deux ans étaient scolarisés en France (182 021 élèves), selon le ministère, contre 35,3 % en 2000-2001, selon le magazine L'Express, le 17 septembre 2008 [6].

Selon le ministère, l'école maternelle scolarise en 2012, 11% des enfants de 2 ans et la quasi-totalité des enfants de 3 à 5 ans [7].

En 2013 il augmente de 11,9 %, pour ensuite régresser à 11,8 % en 2014 [8]. En 2015 il en est de 11,5% [9].

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