École de Nancy (art)

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Vase Daum (Nancy) vers 1900

L'école de Nancy, Alliance provinciale des industries d'art (en général appelée seulement école de Nancy) est le fer de lance de l'Art nouveau en France, dont l'inspiration essentielle est à chercher dans les formes végétales : ginkgo, ombelle, berce du Caucase, nénuphar, chardon ou encore cucurbitacée ; et animales, comme les libellules. Cette alliance s'appuie sur une recherche d'utilisation poussée dans la verrerie, la ferronnerie, l'acier, le bois, pour mettre le beau dans les mains de tous et ainsi faire entrer l'art dans les foyers.

Objectifs

Les fondateurs définissent l'école de Nancy comme une « sorte de syndicat des industriels d'art et des artistes décorateurs, [qui] s'efforce de constituer en province, pour la défense et le développement des intérêts industriels, ouvriers et commerciaux du pays, des milieux d'enseignement et de culture favorables à l'épanouissement des industries d'art[1] ». Son but, tel qu'il est décrit à l'article 1 des statuts de l'association, est de « favoriser la renaissance et le développement des métiers d'art en province[2] ».

À sa création en date du 13 février 1901, l'association est dotée d'un bureau, composé d'un président, Émile Gallé, et de trois vice-présidents, Louis Majorelle, Antonin Daum et Eugène Vallin[3].

L'objectif est notamment de faire rayonner la Lorraine, riche de ses nombreuses industries (aciéries, etc.) et artisanats d'art (cristalleries, ébénisteries, travail du verre, du bronze d'art, de la faïence et de la céramique), au filtre d'un sentiment patriotique issu de l'immigration de nombreux Français originaires d'Alsace et de l'actuelle Moselle qui, toutes deux, avaient été incorporées à l'Empire allemand depuis la guerre de 1870. L'École de Nancy se voulait un art total par la collaboration de tous les corps de métiers (architecture, ameublement, arts décoratifs), mais également l'héritière de l'école d'inspiration romantique de Metz, dissoute à l'annexion de 1871, et dont de nombreux membres ont émigré vers Nancy.

Principes

Ses promoteurs se fixent comme but de promouvoir les arts décoratifs. À la croisée de l'art et de l'industrie, cette école investit ainsi les domaines de l'architecture et du mobilier par l'intermédiaire des techniques les plus diverses.

Les ateliers conjuguent la création de pièces uniques avec une production en série, qui se veut à destination d'un public le plus large possible[4].

Disciplines

Les membres de cette école se sont illustrés dans de nombreuses disciplines, notamment l'architecture, la verrerie et la cristallerie, le vitrail, la ferronnerie, l'ébénisterie, le papier peint, la typographie, l'imprimerie, la reliure d'art. On peut citer également d'autres terrains d'investigation, tels la broderie ( Fernand Courteix), l'orfèvrerie (André Kauffer), le dessin, l'estampe, l'affiche publicitaire, la photographie[5].

Influences

Au sein du style Art nouveau, l'école de Nancy se distingue par une réhabilitation du gothique flamboyant et du rococo[4], la première étant vraisemblablement un héritage de l'école de Metz.

La nature est une source d'inspiration importante. Elle s'inspire des décors floraux du Moyen Âge pour en faire le sujet premier de nombreuses œuvres[4]. C'est ainsi qu'Émile Gallé fréquente l'école Forestière de Nancy et collabore avec le naturaliste Dominique Alexandre Godron. Il publie plusieurs articles scientifiques[6]. Cette inspiration est facilitée par le fait que Nancy abrite un centre d'horticulture reconnu[7].

La présence du Japonais Hokkai Takashima à Nancy, de 1885 à 1889, aura un impact sur le thème oriental de nombreuses œuvres[8].

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