École de Barbizon

L'École de Barbizon désigne, de façon informelle, à la fois le centre géographique et spirituel d'une succession de colonies de peintres paysagistes établies autour de Barbizon, et le désir de ceux-ci de travailler « en plein air et d’après nature » dans la forêt de Fontainebleau.

Origine du phénomène et l'invention d'une « école »

Le premier à se rendre de côté de la forêt de Fontainebleau fut sans aucun doute Camille Corot qui explore ce lieu dès 1822[1]. À la différence des peintres qui y venait pour s'exercer à représenter des arbres[2], il est à la recherche du paysage le plus vrai qu'il veut représenter sans fioriture ni maniérisme : à quelques kilomètres de Paris, cette forêt offre au peintre une sorte de nature sauvage en réduction, loin de l'urbanisme étouffant de la capitale. Le Salon de Paris de 1824 marque un tournant car y sont exposés les maîtres anglais du paysage, tels que John Constable. Par la suite, l'invention du tube de gouache en 1841, l'ouverture d'une ligne de chemin de fer en 1849, sont autant de facteurs qui accélèrent le processus : de plus en plus de peintres vont à Barbizon, à Chailly-en-Bière, à Bourron-Marlotte, au point que la mode est lancée, qu'on les appellent les « plein-airistes », que la presse s'en amuse sous la forme de caricatures, montrant des dizaines de peintres massés devant leurs chevalets, chacun sous un parapluie (L'Illustration, 24 novembre 1849). Cette affluence et l'arrivée du train provoquent bien entendu l'ouverture de nombreuses infrastructures : restaurants, hôtels, épiceries, permettent aux peintres de séjourner plus longuement[1].

Le terme d'« école » est, depuis au moins les années 1950, remis en cause par les historiens de l'art qui contestent l'idée qu'il y aurait eu une « école » à Barbizon : on a ici plus affaire à un ensemble de peintres aux styles très différents, qui, à des époques très diverses, ont trouvé une source d'inspiration dans la forêt de Fontainebleau. L'appellation « école de Barbizon », forgée en 1891 par un critique d'art britannique, David Croal Thomson (1855-1930)[3], de manière artificielle puisque jamais ces peintres ne se revendiquèrent d'une quelconque école, tient son nom de ce village situé en lisière de la forêt de Fontainebleau (Seine-et-Marne), autour duquel de nombreux artistes affluèrent pendant près de cinquante ans, entre 1825 et 1875[1]. Thomson était le directeur de la filiale de Goupil à Londres, une entreprise leader dans le monde du commerce de l'estampe, notamment paysagière[4].

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